Surpeuplement carcéral, longue détention...: ces éléments qui expliquent la recrudescence des évasions dans les prisons



Surpeuplement carcéral, longue détention...: ces éléments qui expliquent la recrudescence des évasions dans les prisons
Six (6) détenus de Rebeuss ont, avant-hier, tenté de s'évader. Les cinq (5) ont été rattrapés et l'un a disparu dans la nature. Le 4 décembre dernier, Modou Fall alias Boy Djiné, pensionnaire de la chambre 31 de Rebeuss, s'est fait la malle et demeure introuvable. Au mois de septembre dernier, huit (8) prisonniers de la Maison d'Arrêt et de Correction (MAC) de Ziguinchor ont eu à s'enfuir. Les évasions dans les lieux de détention sont en passe de devenir monnaie courante. Dès lors, il demeure urgent de poser la question de savoir ce qui explique ces cas récurrents d'évasion. 

Selon le président de l'observatoire nationale des lieux de privation de liberté, Boubou Diouf Tall, ces évasions s'expliquent par les difficiles conditions de vie des prisonniers et les longues détention préventives des détenus. "La personne arrêtée a tendance à vouloir sortir de prison. Et le surpeuplement et les difficiles conditions de détention constituent un terreau fertile pour s'évader de prison", déclare celui qui trouve que l'Etat du Sénégal doit revoir sa politique dans les prisons du pays. 

Agent pénitentiaire en retraite, Wally Mbodj abonde dans le même sens. Pour lui, cela est dû au surpeuplement dans les maisons d'arrêt. Et tant que les détenus ne sont pas fixés sur leur sort, il y aura toujours des évasions. Ils tenteront toujours de recouvrir leur liberté, à tout prix. Poursuivant, Wally Mbodj a indexé, pour le déplorer, le manque d'effectif des agents pénitentiaires dans les centres de détention. A l'en croire, il y a environ 1200 agents au Sénégal pour assurer la surveillance de plus de 8000 détenus. "Mathématiquement parlant, il y a un (1) surveillant pour cent (100) détenus", révéle l'ancien garde pénitentiaire qui prévoit le pire si on ne comble pas de tels manquements dans l'administration pénitentiaire. "Il y aura d'autres cas d'évasions. Je l'ai dit et je me répète, ils vont toujours tenter de s'en aller. Il y a même des risques de mutineries dans les prisons", alerte-t-il dans "Libération". 

"Des recrutements massifs, le respect des capacités d'accueil et la réfection des maisons d'arrêt mettront fin aux nombreuses évasions", selon Abdoulaye Faye, Secrétaire général de l'Association des retraités de l'administration pénitentiaire. 


Jeudi 31 Décembre 2015 - 10:43



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