Syndicalisme d’hier et d’aujourd’hui : les vérités de Mamadou Diop Castro

L’orientation du mouvement syndical pose un certain nombre de problèmes à Mamadou Diop Castro. En effet, ce dernier, faisant la comparaison entre ce qui se passe dans ce mouvement et ce qu’il y avait d’antan, trouve une certaine dénaturation des revendications, du moins pour certains.



Syndicalisme d’hier et d’aujourd’hui : les vérités de Mamadou Diop Castro
«Autrefois, ne pouvait pas être secrétaire général qui le veut. Il fallait au moins avoir une expérience de dix ans pour pouvoir prétendre diriger un syndicat», a d’emblée déclaré l’ancien secrétaire général de l’Union démocratique enseignants du Sénégal (Uden). Et M. Diop de poursuivre : «Cette période était une période de syndicalisme militant avec une répression farouche et des violations constantes des libertés syndicales et démocratique. Donc il fallait avoir une expérience avérée, un engagement conséquent et une résistance à toute épreuve».

Faisant le parallèle avec ce qui se passe aujourd’hui dans les syndicats, le chargé des questions d'éducation au comité du dialogue social au téléphone de Pressafrik.com, a déploré le manque de clairvoyance dans certains syndicats. Selon lui c’est justement cette clairvoyance qui leur aurait permis de discerner les intérêts généraux d’avec les intérêts individuels. «Les syndicalistes doivent avoir une conscience politique, une conscience citoyenne pour pouvoir comprendre ce qui se passe autour d’eux. Il faut se focaliser sur les intérêts généraux et non sur les intérêts individuels. Dans une démocratie qui se respecte, il faut des organisations fortes. Il y a aussi le syndicalisme d’influence. On peut influencer les politiques sans être dans la rue».

M. Diop trouve que la part de responsabilité dans l’état actuel du mouvement syndical est à imputer aussi bien aux syndicalistes qu’à l’Etat. «Avec le truchement de la démocratie dans nos pays Il y a maintenant des ambitions démesurées qui sont dues aux alternances politiques mais aussi syndicales et générationnelles. Mais on peut noter une certaine pratique antidémocratique dans certaines élections. Et tout cela favorise des scissions au sein des syndicats. L’Etat aussi a sa part de responsabilité, d’autant plus qu’il peut arriver qu’il ne met pas en place les mécanismes qui vont lui permettre d’avoir des partenaires crédibles» 

Ousmane Demba Kane

Vendredi 15 Mai 2015 - 14:58



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