Syrie: l'évacuation des civils «suspendue» après la reprise des combats à Alep

L'accord prévoyant l'évacuation de civils et d'insurgés de la ville d'Alep a été « suspendu » après des objections du régime syrien, ont indiqué à l'Agence France-Presse (AFP) un responsable rebelle et une source proche du régime. Les combats ont repris mercredi 14 décembre dans la matinée malgré un accord de cessez-le-feu signé mardi. Le réduit rebelle est violemment pilonné à l'artillerie et aux roquettes de gros calibres.



Syrie: l'évacuation des civils «suspendue» après la reprise des combats à Alep
Les belligérants se rejettent la responsabilité de l’échec de l’accord, rapporte Paul Khalifeh, notre correspondant dans la région. Mais il est clair que le gouvernement syrien n’était pas satisfait de l’arrangement négocié par la Russie, qui donnait le beau rôle à la Turquie et ne reflétait pas la réalité des rapports de force sur le terrain, après les succès enregistrés par l’armée syrienne.

Le flou entourant le nombre de personnes qui devaient être évacuées d’Alep-Est a fini par torpiller l’accord. Damas s’attendait à la sortie de 2 000 rebelles seulement. Ce sont finalement 15 000 personnes, dont 4 000 combattants, qui devaient être évacués. « Damas veut également avoir une liste de noms de tous ceux qui vont sortir, pour s'assurer qu'il n'y a aucun otage ou prisonnier » pro-régime, a souligné une source proche du pouvoir de Bachar el-Assad.

Enfin, la source militaire syrienne a exigé que les négociations sur l’évacuation des rebelles d’Alep englobent également le sort des deux localités à majorité chiite de Foa et Kefraya, assiégées depuis trois ans par les rebelles, dans la province d'Idleb (nord-ouest).

« L'évacuation n'a pas pu avoir lieu »

D'après Yasser al-Youssef, responsable du groupe rebelle Noureddine al-Zinki, « l'accord est suspendu à cause du blocage des forces du régime et des Iraniens ».
Mercredi, la Turquie a accusé le régime syrien et les groupes armés qui lui sont affiliés d'empêcher la mise en œuvre du cessez-le-feu censé permettre l'évacuation. « Nous voyons maintenant que le régime (syrien) et d'autres groupes (qui le soutiennent) tentent d'empêcher » la mise en œuvre du cessez-le-feu, a déclaré à la presse le ministre des Affaires étrangères turc Mevlut Cavusoglu. « L'évacuation n'a pas pu avoir lieu. »

L'assaut final contre les rebelles

Les bombardements ont repris mercredi, après une pause de plusieurs heures, ont constaté sur place des correspondants de l'AFP et l'ONG Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). L'OSDH fait état de « dizaines d'obus tirés sur les quartiers tenus par les rebelles ». « Ces derniers ont riposté en tirant au moins huit obus sur les zones gouvernementales. » Au moins sept civils ont été tués et d'autres blessés par des tirs rebelles sur deux quartiers tenus par le régime à Alep, a annoncé la télévision d'Etat.

En plus de l’escalade militaire, Damas a mis une forte pression psychologique sur les rebelles assiégés. Une source militaire syrienne a annoncé une décision de lancer l’assaut final contre les dernières poches de résistance. Le calme de cette nuit à Alep, après la signature d'un accord de cessez-le-feu mardi, donnait pourtant l'espoir d'une évacuation rapide de milliers de civils.

rfi.fr

Mercredi 14 Décembre 2016 - 15:18



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter