Syrie: une résolution présentée au Conseil de sécurité après l'attaque chimique

Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunit en urgence ce mercredi 5 avril à la demande de Paris et de Londres pour faire le point sur l’attaque chimique très probable survenue près d'Idlib, un fief rebelle, mardi, et qui a fait 72 morts selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. La France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni vont présenter une nouvelle résolution condamnant cette attaque. L’opposition syrienne, Paris, Londres, Washington et Ankara, ont accusé le régime syrien d’être à l’origine de cette attaque. Damas a catégoriquement démenti. But de la réunion : mettre la Russie, principale alliée de la Syrie et qui s’était opposée à toutes les précédentes résolutions, au pied du mur. Moscou qui, dans un communiqué ce mercredi matin, assure que l'aviation syrienne a frappé mardi un «entrepôt terroriste» contenant des «substances toxiques».



Syrie: une résolution présentée au Conseil de sécurité après l'attaque chimique
Les symptômes de l’exposition des victimes à des agents chimiques toxiques ne font pas de doutes, les images et les témoignages sont parlants, explique notre correspondant à Moscou, Paul Khalifeh. Cette attaque rappelle celle qui a visé la Ghouta orientale en août 2013, et qui a fait 1400 morts.

Pour Moscou, Damas visait un « entrepôt terroriste »

L’élément nouveau est venu de Moscou ce mercredi. Dans un communiqué, le ministère russe de la Défense affirme que l'aviation syrienne a frappé un « entrepôt terroriste » contenant des « substances toxiques ». « Selon les données objectives du contrôle russe de l'espace aérien, l'aviation syrienne a frappé près de Khan Cheikhoun un grand entrepôt terroriste », qui contenait des « substances toxiques », précise le communiqué.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme avait effectivement fait état de frappes aériennes, alors que des sources de l’opposition syrienne ont évoqué des tirs d’obus chargés de gaz chimique.

La Syrie n'a plus d'armes chimiques selon Damas

Après le démenti catégorique de l'armée syrienne mardi, le vice-ministre syrien des Affaires étrangères est le plus haut responsable officiel à avoir réagi. Fayçal al-Mokdad a rappelé que la Syrie avait respecté tous ses engagements internationaux et avait démantelé son arsenal d’armes chimiques.

Le vice-ministre a ajouté, dans un entretien à la chaîne panarabe al-Mayadeen, que Damas avait fourni à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, il y a quelques semaines, des informations sur le stockage en Syrie, par l’ex-branche d’Al-Qaïda, de produits toxiques dans le but de les utiliser pour faire accuser le gouvernement syrien.

Le soutien russe à la Syrie dans le viseur

Pour la huitième fois en six ans de conflit syrien, la Russie va se retrouver ce mercredi face à sa conscience, rappelle notre correspondante à New York, Marie Bourreau. A force de pressions publiques et de condamnations internationales, Matthew Rycroft, le représentant britannique à l’ONU espère encore un revirement de Moscou.

« Il s'agit manifestement d'un crime de guerre et j'en appelle aux membres du Conseil de sécurité qui ont par le passé utilisé leur veto pour défendre l'indéfendable afin qu'ils changent de cap. », exhorte-t-il.

Un texte plus « acceptable »

Le texte qui devrait être voté condamne les attaques chimiques, demande au régime syrien de participer à l’enquête, mais il ne fait nullement mention de sanctions, ce qui le rend sans doute plus acceptable par Moscou. Une stratégie des « petits pas » pour engager une première base de travail avec les Russes.

Cette réunion devra aussi clarifier la position américaine en Syrie. Les déclarations très flottantes de l’ambassadrice Nikki Haley qui condamne un jour un criminel de guerre, puis assure le lendemain que Bachar el-Assad n’est plus une priorité pour le gouvernement américain ont pu être interprétées à Damas comme un blanc-seing offert au régime.
 
Avec RFI
 

Ousmane Demba Kane

Mercredi 5 Avril 2017 - 09:17



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