Tabaski 2014 - Téfanké et petits métiers frappés par le slogan "deuk bi dafa Macky"

La Tabaski, fête du sacrifice certes, mais aussi une période faste pour les commerçants et préposés à certains métiers. A côté des tailleurs, cordonniers et commerçants de condiments, on note une série de petits métiers qui se développent autour des foirails de fortune. Ces petites activités vont de la vente de cordes, au lavage ou décrassage de moutons en passant par le marquage du bétail et la vente de foin. Seulement, tous ces préposés au petit commerce ne retrouvent pas le sourire comme les années passées. Ce n’est pas encore le business. Les affaires marchent timidement s’accordent-ils à dire.



pressafrik.com
pressafrik.com
10 heures 30 minutes tapantes ! Le ciel est nuageux au rond point «Case ba» et ses alentours. Le soleil est quasi invisible mais la canicule est ardente. Cette lourde chaleur pousse certainement les vendeurs de mouton à se mettre sous des bâches et tentes. En effet, cinq à six tentes sont dressées sur ce rond point très stratégique. A quelques jours de la fête de l’Aid el Kébir, c’est un tohu-bohu qui règne en maitre sur les lieux. Le bêlement des moutons  se mêle au Klaxon des voitures et des discussions des chauffeurs, rabatteurs, vendeurs de moutons et clients.
 
Toutefois, ce vacarme contraste avec l’affluence. Contrairement aux autres années où à cette période, ce rond point était noir de monde et de bêtes, il est assez transparent cette fois-ci. Ce grand diamètre qui relie plusieurs coins de la banlieue n’a pas, en ce moment de préparatif des fêtes alors qu'il accueille plus d’une centaine de moutons.
 

pressafrik.com
pressafrik.com

Les moutons tardent à trouver preneur

Les bêtes disposées en petits groupes selon les propriétaires et les palabres sous les tentes, attestent nettement de la morosité. Ousmane le confirme. La vingtaine dépassée et de taille moyenne, cet éleveur peulhe se confie: “J’avoue que les clients viennent mais ils n’achètent pas. On dirait qu’ils attendent à 2 à 3 jours de la fête pour acheter”. Avec sa noirceur d’ébène, Ousmane renseigne: “je viens de Pout (55 km de Dakar) pour écouler un troupeaux de 13 moutons. J’espérais les vendre rapidement pour retourner à Thiel dans le Djolof (265 km au nord est de Dakar) pour en acheter encore”.
 
Venant de la ville ou de croisement Camberène ou encore de la banlieue, vous ne pouvez pas ne pas vous laisser impressionner par les moutons qui sont exposés à ce rond point. Il y en a beaucoup qui sont de couleur blanche, sans tache avec des atours qui rendent la bête plus attractive encore. La marchandise est en tout cas bien mise en valeur. Les plus gros moutons occupent l’avant-garde. Svelte et de teint clair, ce toucouleur bon teint se lamente un peu comme Ousmane mais garde espoir quand même. “Je ne vois pas d’acheteurs pour le moment mais je reste patient. Je sais qu’ils viendront car chacun va devoir égorger un mouton” lance-t-il d’un ton un peu plaisantin. Le téfanké (vendeur de bétail, NDLR) et tout de noir vêtu avec un “thiaya (genre pantalon bouffant) bien en évidence, fait le point sur les prix. Baba fait savoir pour repartir avec un mouton dans ce rond point, il faut au minimum 85.000 francs CFA. “On a beaucoup investi dans les moutons. Du coup, il n’est pas question de les vendre à des prix dérisoires. Cette année, vous conviendrez avec moi que l’aliment de bétail coûte cher. Le sac de foin a doublé sinon triplé. Il est même difficile dans certains endroits de le voir. En fait, on galère avec ces moutons”.

pressafrik.com
pressafrik.com

Les apprentis du petit commerce dans les foirails

Les années précédentes, les téfankés n’avaient même pas le temps de s’asseoir. A chaque instant, ils discutaient avec des clients et vendaient régulièrement. Pour cette édition, les vendeurs de mouton sont bien installés dans des tentes sirotant confortablement du thé. A côté des bâches, d’autres petites activités connexes sont notées. Des garçons âgés entre 13, 14 et 15 ans s’occupent de la propreté des moutons et des lieux. Armés de sceaux d’eau et de produits détergents, ils se chargent de laver les moutons. «J’ai commencé à laver les moutons pour me faire un peu d’argent et préparer moi-même la tabaski. Je peux laver plusieurs moutons dans la journée. C’est mon travail, pour chaque tête, on me paye entre 100 et 250 FCFA. Ainsi je peux me retrouver avec une somme allant de  1500 à 5000 FCfa par jour», indique Mbami.


Le commerce de mouton engendre d’autres petits métiers aussi outre que le lavage. Chaque groupuscule dans son coin s’échine à développer ses affaires. Ahmet Diallo pense que celui qui achète un mouton, il lui faudra nécessairement un corde. A cet effet, il se livre dans le petit commerce de cordes. «A chaque approche de la tabaski, je fais ce métier qui me rapporte un peu d’argent. Mais cette année, je n’ai pas vendu beaucoup de cordes à cause de la conjoncture. Vous savez mon travail rime avec la vente des moutons et puisque ce n’est pas la grande affluence au niveau des points de vente cela se répercute sur mon petit commerce. Une corde coute 100 F CFA. Et si le business marche, je peux vendre jusqu’à 70 cordes par jour».



pressafrik.com
pressafrik.com



Vendredi 26 Septembre 2014 - 14:15



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter