Tanor Dieng-Khalifa Sall : Début d’une guerre ouverte ?

Va-t-on vers une confrontation ouverte entre Ousmane Tanor Dieng et Khalifa Sall? les deux hommes ne parlent plus le même langage sur les orientations du Ps.



Tanor Dieng-Khalifa Sall : Début d’une guerre ouverte ?

    S’emmurant dans un long silence depuis la rumeur lui a prêté l’intention de combattre Ousmane Tanor Dieng pour le succéder à la tête du Parti socialiste,  Khalifa Sall est sorti de sa réserve. En France où il animait une conférence publique, il s’est longuement exprimé sur la vie Parti socialiste avec notamment l’exclusion du jeune Malick Noël Seck qui a récemment multiplié des attaques contre le secrétaire général, Ousmane Tanor Dieng et l’ancrage du Ps au sein de la majorité présidentielle. Le maire de Dakar a-t-il maintenant choisi une confrontation frontale avec le leader du Ps ?
On est tenté de donner une réponse affirmative. Depuis la défaite du Ps en 2007,  Khalifa Sall a choisi d’esquiver souvent les questions relatives à la vie du Ps, préférant d’abord se concentrer sur les élections locales de 2009, puis sur la gestion de la mairie de Dakar après la victoire de l’opposition dans plusieurs communes du Sénégal. Preuve de ses distances vis-à-vis du leader de son parti, le maire de Dakar n’a pas été choisi pour conduire le directoire de campagne d’Ousmane Tanor Dieng lors de la présidentielle de février dernier. Nombre de leaders socialistes ont jugé molle la campagne qu’il a battue pour le compte de la coalition, « Benno ak Tanor ».  Le Ps est arrivé loin derrière le Parti démocratique sénégalais (Pds), la caolition « Macky 2012 » et Bennoo Siggil Sénégal de Moustapha Niasse dans la capitale, malgré le fait qu’un de ses leaders dirige la mairie de Dakar.
   Depuis le scrutin du 25 février, jamais Khalifa Sall ne s’est prononcé publiquement sur les choix de la direction du Ps. Jamais également, Ousmane Tanor Dieng n’a porté des jugements sur son camarade de parti. Mais les actes posés de part et d’autre laissent penser que les relations entre les deux responsables socialistes ne sont plus au beau fixe. Khalifa Sall ne figure pas parmi les personnalités socialistes membres du gouvernement. Il n’est pas non plus élu député à l’Assemblée nationale. Contrairement à d’autres responsables socialistes de Dakar, notamment Barthelemy Dias et Aïda Sow Diawara qui ont pu cumuler leurs fonctions de maire et député.
La sortie du maire de Dakar depuis la France sonne manifestement le glas. La guerre de la succession semble être ouverte au Ps. Au moment où Ousmane Tanor Dieng réaffirme son ancrage au sein de Bennoo Bokk Yakaar, se fondant sur le concept « gagner ensemble, gouverner ensemble », Khalifa Sall voit une autre stratégie. Pour lui, les alliés doivent laisser le président de la République travailler. «Macky Sall n’a pas besoin d’être encombré par sa majorité. Chacun doit retourner dans son parti, le réorganiser et le redynamiser », a martelé Khalifa Sall. Le responsable socialiste semble également contester l’exclusion de Malick Noël. «  Je n’ai assisté à la réunion du bureau politique. J’étias malade. Je n’ai pas encore lu le rapport de la commission de discipline, mais on ne peut pas exclure une personne comme ça », a-t-il lancé. Il est également d’avis que le concept de candidat naturel qui veut que le secrétaire général soit le candidat du parti à l’élection présidentielle ne doit plus faire foi. Pour lui, le secrétaire ne doit pas forcément être le candidat du parti.
Le maire de Dakar a visiblement pris un chemin contraire à la ligne maintenant tracée par la direction de son parti. Jusqu’où ira-t-il sur cette voie ? Les prochains jours édifieront.


Mardi 9 Octobre 2012 - 13:47



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