Tarifs des transports : Tata tombe dans son propre ‘piège’

Tout le monde le sait, au Sénégal on lie, en général, la flambée des prix à celle du pétrole. Mais, depuis quelque temps, l’or noir est en chute libre. De quoi exposer Tata aux récriminations des voyageurs. Car, les transporteurs avaient justifié la hausse des tarifs d’il y a quatre mois à la fièvre qui avait affecté le marché du pétrole.



Tarifs des transports : Tata tombe dans son propre ‘piège’
‘Hé, monsieur à la casquette, votre ticket !’ L’homme qui interpelle ainsi un passager est un contrôleur de car Tata. Petit et trapu, il joue des coudes pour se frayer un passage dans le car qui nous transporte à Pikine. Il est 17 heures 35 minutes. Le car est archi comble. Il n’y a plus nul espace où poser le pied. Pourtant, le contrôleur du jour, lui, arrive à progresser, hélant vigoureusement les voyageurs pour leur réclamer leur ticket. ‘Il est temps que vous baissiez les prix des transports, ceux du carburants ont chuté’, tonne l’homme à la casquette, un étudiant, sans doute. Sur tous les trajets, les tarifs ont augmenté de 25 francs en raison de l’augmentation qui avait affecté le baril de pétrole. Pour aller de l’Université Cheikh Anta Diop à Guédiawaye, on débourse désormais 200 francs.’C’est vous qui avez affiché partout être obligé d’augmenter les tarifs. Maintenant que le prix de l’essence a baissé, il faut alors revenir aux anciens tarifs’, martèle une dame assise aux côtés de l’étudiant. Puis, telles les vagues d’une mer furieuse, les récriminations se déchaînent contre le contrôleur. ‘Pourquoi vous êtes si silencieux, alors qu’il y a quatre mois, vous aviez inondé vos cars d’avis justifiant la hausse des tarifs. Soyez logique avec vous-même’, lance un voyageur, debout au milieu du car. ‘Il faut que nous refusions de continuer à payer le même prix’, renchérit un homme, cheveux grisonnants, assis devant. Le concert de plaintes s’amplifie. Le contrôleur lance : ‘En général les sérères sont experts en filouterie de transport.’ Il tentait, visiblement ainsi, de désamorcer la cascade de réprobations, lui, qui a exaspéré tout le monde dans sa manière vigoureuse de réclamer les tickets de transport. ‘Le débat n’est pas là’, rectifie le vieux à la chevelure grisonnante, ‘dites-nous quand les tarifs vont baisser, comme le pétrole est en chute libre’, enfonce-t-il. Traqué de toutes parts, le contrôleur concède : ‘Voilà le genre de critiques que nous aimons entendre. Je vais transmettre vos doléances.’ Le propos révolte ce jeune homme qui avait jusque-là les yeux rivés dans un journal. ‘Notre malheur, c’est que l’autorité ne vole jamais à notre secours’, critique-t-il. ‘Il appartient à l’Etat de réglementer le monde des transports’, précise le lecteur de journal. Et de se souvenir la ‘fameuse’ confusion qui a précédé la flambée des transports pendant les folles journées où le prix du baril de pétrole augmentait jour après jour. ‘Les pouvoirs publics avaient laissé l’initiative de la hausse aux transporteurs comme pour se dissimuler derrière une discipline généralisée’, râle-t-il. Pour autant, Ndéné Kane, chauffeur de car Tata est d’avis que le retour aux tarifs précédents serait une bonne chose. ‘Cela nous aurait permis de transporter tous ces élèves alignés sur la route et attendant un Ndiaga Ndiaye’, dit-il.
A 19 heures 30 minutes, le car est à l’entrée de Pikine. Tout est noir. Une coupure de courant a plongé les habitations dans l’obscurité. Le débat a perdu de sa vigueur. C’est le calme dans le bus bondé de monde.

walf.sn

Mardi 11 Novembre 2008 - 19:11




1.Posté par Aly KONATE le 24/11/2008 14:49
Je trouve votre canard intéressant, mais il faudrait songer à signer les articles afin qu'on sache qui écrit.
Un quidam ou un journaliste ?

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter