Tchad: les personnels de justice reprennent le chemin des tribunaux

Au Tchad, les avocats, notaires et huissiers de justice ont décidé de lever leur grève. Les trois corporations se mettent régulièrement en grève depuis le mois de novembre 2014 pour revendiquer le paiement des condamnations de l'Etat. Ces dernières s'élèvent à plus de 4 milliards de FCFA et le Trésor n'arrive pas à éponger ses dettes. Une situation qui a entre autres, bloqué la fin du procès des anciens collaborateurs de la police politique de l'ancien président du Tchad, Hissène Habré.



Les personnels de justice du Tchad était en grève pour des impayés de l'Etat qui s'élèvent à près de 4 milliards de FCFA. Getty Images/ Spaces Images
Les personnels de justice du Tchad était en grève pour des impayés de l'Etat qui s'élèvent à près de 4 milliards de FCFA. Getty Images/ Spaces Images

Les notaires, huissiers et avocats ont saisi l'occasion du procès des anciens collaborateurs de la police politique du régime d'Hissène Habré pour rappeler à l'Etat, qui doit à titre des impayés de toutes sortes, plus de 4 milliards de FCFA. L'Etat doit s'acquitter de ces condamnations, sans quoi, aucun avocat par exemple, ne viendra plaider  au procès des anciens responsables de la police politique de Hissène Habré qui a dirigé le Tchad de 1982 à fin 1990, ont-ils décidé.

Une décision qui a eu pour effet de bloquer ledit procès pendant plusieurs semaines. Mais lasses d'attendre, les trois corporations ont décidé de changer d'attitude. Maître Athanase Mbaigangnon du barreau des avocats du Tchad : « Nous avons décidé de reprendre le travail parce que nous nous sommes rendu compte que nos interlocuteurs ont passé tout leur temps à nous bluffer. Là nous entendons explorer d’autres pistes pour pouvoir restaurer nos différents clients concernés par cette affaire dans leurs droits. »

En attendant, beaucoup d'affaires bloquées devant les tribunaux pourront être évacuées. Les veuves et orphelins du régime de Hissène Habré, ulcérés par cette cessation de travail pourront aussi, enfin savoir le sort que la justice a réservé à ceux qu'ils poursuivent pour la mort d'un père, d'un mari ou d'un frère.


Rfi.fr

Lundi 2 Mars 2015 - 14:19



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