Tchad: retour du PLD dans l'arène politique pour la présidentielle

Au Tchad, c'est le grand retour du Parti pour les libertés et le développement (PLD) du feu Ibni Oumar Mahamat Saleh. Huit ans après l'enlèvement et la disparition du numéro un de l'opposition, son parti, le PLD, présente un candidat à la présidentielle du 10 avril 2016.



Tchad: retour du PLD dans l'arène politique pour la présidentielle
Il s'agit de l'ancien ministre - notamment de la Justice, des Finances, de l'Education nationale - et ancien ambassadeur, Mahamat Ahmad Alhabo, 60 ans, qui sort d'un long silence et s'est présenté à la presse, samedi 12 mars, pour la première fois. Par ailleurs, dans le cadre de ce scrutin, l’opposant Ngarlejy Yorongar décrit la candidature d’Idriss Déby comme anticonstitutionnelle.
 
Mahamat Ahmad Alhabo, présenté comme l’héritier d’Ibni Oumar Mahamat Salehest un vieux routier de la politique. Plusieurs fois ministre et ancien ambassadeur à Paris, il est l’un des candidats originaires des régions à dominance musulmane du pays où, habituellement, Idriss Déby est le seul candidat.
 
Pour cette première rencontre avec les médias, il pointe d’emblée une violation des règles du jeu, avant même l’ouverture de la campagne électorale. « Un candidat et son parti ont commencé la campagne avant terme. En violation totale de la loi, les édifices publics sont transformés en bureaux de soutien. Au quartier Béguinage, la cour d’une institution publique, notamment la sécurité sociale, est transformée en un bureau de campagne », a-t-il dénoncé.
 
Le candidat indique que son parti va porter plainte contre ces contrevenants et souhaite que la présidentielle du 10 avril prochain se passe dans la concorde et que tous les candidats s’abstiennent de tricher pour que la volonté du peuple s’exprime réellement.
 
La candidature d’Idriss Déby « anticonstitutionnelle »
 
De son côté, dans le cadre de la préparation de ce scrutin présidentiel, le député de l'opposition au Tchad, Ngarlejy Yorongar, empêché de participer à la présidentielle du 10 avril prochain, contre-attaque, suite aux accusations, selon lesquelles son dossier de candidature n'est pas recevable. Le vieil opposant au président Déby répond aux propos du Conseil constitutionnel. Il dénonce une cabale et décrit, à son tour, la candidature d'Idriss Déby comme anticonstitutionnelle.
 
Ngarlejy Yorongar, candidat du parti Fédération action pour la République (FAR) affirme, désormais, que le président tchadien est lui aussi dans la même situation, à savoir qu’il ne peut pas se présenter à un nouveau mandat. En effet, pour Ngarlejy Yorongar, la loi est claire : des raisons objectives empêchent le président de se présenter.
 
« S’il y a des candidatures à être jetées, ce n’est pas la mienne, c’est celle de Déby. Au terme de l’article 60 de la Constitution, les candidats doivent être nés de père et de mère eux-mêmes Tchadiens d’origine. Or, c’est une Constitution que Déby a initiée lui-même. Donc Déby, étant de père soudanais, je ne dis pas qu’il n’est pas Tchadien mais il est victime de ses propres turpitudes. Il est interdit formellement de choisir l’emblème comportant une combinaison de trois couleurs nationales bleu-or-rouge. Or, l’emblème du Mouvement patriotique du salut (MPS) comporte bleu-or-rouge. Ce qui veut dire que la candidature de Déby est nulle et de nul effet. Il ne peut pas être candidat à l’élection présidentielle au Tchad », a tenu à expliquer le candidat du parti FAR, Ngarlejy Yorongar.
 

Khadim FALL

Dimanche 13 Mars 2016 - 12:25



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