Tension extrême entre Pyongyang et Washington avant un week-end à haut risque

La tension est à son comble entre Pyongyang et Washington ce vendredi 14 avril, à la veille d'une cérémonie marquant le 105e anniversaire de la naissance de Kim Il-sung, fondateur du régime et grand-père de l'actuel dirigeant Kim Jong-un. Selon plusieurs observateurs, le régime pourrait procéder ce samedi à un nouveau tir de missile balistique ou même à son 6e essai nucléaire. Un risque décuplé suite aux nombreux avertissements du président américain Donald Trump, qui a promis d'utiliser toutes les options pour régler le problème nord-coréen, avec ou sans la Chine.



Tension extrême entre Pyongyang et Washington avant un week-end à haut risque
Sur la base d'images satellites, les experts du site américain 38th North ont observé ces dernières semaines une activité continue sur le site d'essai nucléaire de Punggye-ri, n'écartant pas l'option d'un nouveau test nucléaire souterrain.

L'engin pourrait être lancé dès samedi matin, affirment plusieurs responsables américains. Dans le même temps, le porte-avion américain à propulsion nucléaire USS Carl Vinson, escorté par trois navires lance-missiles, devrait arriver ce week-end au large de la péninsule coréenne.

La Corée du Nord a promis de répondre à l'envoi « insensé » de ce groupe aéronaval, se disant prête « à la guerre ». Elle a également promis une « réponse sans pitié » à toute provocation américaine. Une situation explosive qui inquiète toute la région. La Chine parle de « conflit qui pourrait éclater à tout moment ». Et de lancer cet avertissement, sans pour autant citer explicitement les récentes menaces du président américain : « Quiconque provoquerait un conflit devra en assumer une responsabilité historique et en payer le prix. »

« La Corée du Nord est un problème et ce problème sera réglé »

Reste qu’entre provocations, mises en garde et escalade verbale de part et d'autres, Donald Trump a également fait preuve d'optimisme dans le rôle que Pékin pourrait jouer pour stopper son allié et voisin dans ses ambitions nucléaires.

La Chine est considérée comme la plus proche alliée de Pyongyang, mais s'oppose fermement au programme nucléaire à visée militaire du régime de Kim Jong-un. Elle plaide pour une solution négociée et appelle régulièrement les Etats-Unis à la retenue dans ce dossier.

Alors que la Maison Blanche est en train d'étudier « les options militaires » et que le président américain a assuré que le « problème » nord-coréen serait « réglé », le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi a appelé ce vendredi au dialogue, comme « seule issue » à cette crise. « Si une guerre a lieu, le résultat sera une situation dont personne ne sortira vainqueur », a-t-il prévenu, alors que de son côté, la Russie, « très inquiète », a appelé toutes les parties à la « retenue » et mis en garde contre « toute action qui pourrait être interprétée comme une provocation ».

La chaîne d'Etat chinoise CCTV a par ailleurs annoncé sur les réseaux sociaux que la compagnie aérienne publique Air China suspendait ses vols entre Pékin et Pyongyang à partir de lundi. Cette semaine, le Global Times, un journal proche du pouvoir assurait que le programme nucléaire de la Corée du Nord avait atteint « un point de basculement », et que si Pyongyang ne cessait pas son attitude provocatrice, la Chine pourrait arrêter ses importations de pétrole.

rfi.fr

Vendredi 14 Avril 2017 - 18:08



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