Terrorisme: «Il est urgent d’étudier les causes profondes et de ne pas importer au Sénégal les combats d’autres puissances», (cadres musulmans)

L’Amicale des Cadres Musulmans du Sénégal (ACMS) est contre la volonté affichée du Chef de l’Etat d’interdire le port du voile intégrale. Reconnaissant que «le terrorisme constitue aujourd’hui une menace réelle et dangereuse contre laquelle toutes les franges de la population sénégalaise doivent se mobiliser, l’ACMS indique toutefois qu’ «il importe de tout autant d’éviter toute forme d’amalgame et/ou de dérive susceptible de créer d’autres foyers de tension».



« Il est urgent, selon le contexte, d’étudier ses causes profondes et de ne pas importer au Sénégal les combats d’autres puissances qui ont montré, à travers l’histoire, leur propension à créer des zones de tension pour leur propres intérêts», alerte l’ACMS. Pour les cadres musulmans, «rien ne justifie  le fait d’établir une relation de cause à effet entre le port du voile intégral et le terrorisme». L’Amicale prend ainsi le contre-pied du Chef de l’Etat au sujet de l’interdiction de la Burqa. «Si aujourd’hui, on prend prétexte du fait que le voile intégral a été utilisé ailleurs, comme couverture, pour commettre des actes terroristes, demain on pourrait adopter la même logique pour interdire le port de voile simple, la barbe, etc. Alors que toutes ces pratiques trouvent leurs sources dans les textes islamiques authentiques. C’est une dérive qui va à l’encontre de toutes les valeurs et lois qui sont fondement de la Nation sénégalaise», martèlent l’ACMS qui « reconnait (toutefois) que le terrorisme constitue aujourd’hui une menace réelle et dangereuse contre laquelle toutes les franges de la population sénégalaise doivent se mobiliser».
 
Dans un communiqué, les cadres musulmans qui se disent «conscients de la gravité de la situation du contexte », réaffirment «(leurs) positions de principes sue la nécessité de lutter efficacement contre le terrorisme en s’attaquant à ses racines et en y associant toutes les couches de la population». C’est dans ce sens que «le gouvernement est invité à la prudence».  


Lundi 16 Novembre 2015 - 09:09



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