Terrorisme : La SE intercepte une lettre d’Iyad

Les services de renseignement ont pu réunir ces dernières semaines d’importantes informations sur les mouvements terroristes opérant dans le Sahel. Grâce à une lettre d’Iyad Ag Ghaly qu’ils ont interceptée à la fin de l’année dernière, ils expliquent comment celui-ci finance le Front de libération du Macina (FLM) d’Amadou Kouffa et la katiba Khalid Ibn Walid, plus connue sous le nom d'”Ançar Eddine Sud”, dirigé par l’émir Souleymane Kéita. Ces informations ont été relayées par Jeune Afrique qui a eu accès à un rapport de la SE.



Selon les investigations de la Sécurité d’Etat, avec l’intervention des forces françaises au nord du Mali, les mouvements terroristes Al-Mourabitoune et Aqmi ont perdu leur influence et leur puissance au profit d’Ançar Eddine, le groupe commandé par Iyad Ag Ghaly. Ce dernier est aujourd’hui le plus influent des jihadistes opérant au Mali – il se terre quelque part entre ce pays et l’Algérie – et pas seulement parce qu’il reste une autorité au sein de la communauté des Ifoghas. Depuis quelque temps, il a entrepris de porter le jihad dans le Sud du pays.

La SE le présente ainsi comme le parrain des “deux nouvelles franchises” – le Front de libération du Macina (FLM) d’Amadou Kouffa et la katiba Khalid Ibn Walid, plus connue sous le nom d'”Ançar Eddine Sud”, dirigée par l’émir Souleymane Kéita,  qui ont vu le jour cette année.

Un des membres de ce dernier groupe, Souleymane M. (arrêté le 8 juillet dans les environs de Sévaré), aurait ainsi effectué trois missions auprès d’Iyad afin de se faire remettre de l’argent. Selon la SE, qui se fonde sur une lettre interceptée du chef d’Ançar Eddine qui inciterait les katibas du Sud à “multiplier les attaques contre les postes isolés des forces de sécurité”.

Le premier groupe opère au centre, dans la région de Mopti, sous les ordres d’Amadou Koufa, un prêcheur peul dont on a longtemps pensé qu’il était mort lors de l’attaque de Konna, en 2013. Le FLM a mené des attaques sanglantes contre les Forces armées maliennes et a semé la terreur dans plusieurs villages, tuant tous ceux qui s’opposaient à lui.

Selon un bon connaisseur de la région, ses hommes font passer le message suivant partout où ils passent : “Ne vous mêlez pas de nos affaires. Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous”. Le FLM a également mené l’assaut contre un hôtel de Sévaré en août (13 morts). Selon la DGSE, l’homme qui faisait le lien entre les deux groupes se nomme Hassan Dicko.

La SE estime à environ 170 le nombre de combattants du FLM, tous – ou presque – de jeunes Peuls. Selon un spécialiste du monde peul, “ce groupe dispose d’un grand vivier de combattants car cette région est délaissée depuis très longtemps par l’Etat et par les ONG”. Ses hommes “évoluent en moto”, “disposent d’armes d’infanterie” et “jouissent de complicités locales”.

Koufa, dont les liens avec Iyad sont avérés, revendique “le rétablissement du califat peul d’El hadj Sékou Amadou” (un empire théocratique qui a prospéré au XIXe siècle) et appelle à faire de Mopti sa capitale. Selon un haut responsable des renseignements militaires français, le FLM est aujourd’hui “le problème majeur au Mali”.

Les liens entre le FLM et le deuxième groupe opérant dans le Sud, la katiba Khalid Ibn Walid, qui revendique l’application de la charia au Mali et qui compte en son sein de nombreux anciens membres de la police islamiste qui a régné sur Tombouctou en 2012, sont extrêmement étroits. “Les deux agissent de façon imbriquée dans la conduite de leurs opérations”, indique la note des renseignements.

Selon la SE, l’homme qui faisait le lien entre les deux groupes se nomme Hassan Dicko (ou “Abou Leila”). Ce Peul de 35 ans est né au Mali et a été élevé dans le Sud, à Kadiolo, mais ses parents sont originaires du Burkina. Cet ancien de la police islamique de Tombouctou est présenté comme le bras droit de Koufa. Il a été arrêté le 5 septembre.

Source: Malijet



Jeudi 7 Janvier 2016 - 08:30



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