Tibéhirine: l'Algérie refuse à nouveau l'entrée au juge Trévidic

C'est un nouveau contre-temps dans l'enquête sur la mort des moines de Tibéhirine, ces sept religieux français tués en Algérie en 1996, durant la guerre civile. Le juge français Marc Trévidic devait se rendre en Algérie demain, accompagné de Nathalie Poux, l'autre magistrate en charge de l'instruction de ce dossier. Mais les autorités algériennes ne leur ont pas donné l'autorisation nécessaire.



Le juge antiterroriste français Marc Trévidic. AFP / Fred dufour
Le juge antiterroriste français Marc Trévidic. AFP / Fred dufour

Alger avait pourtant accepté que la justice française pratique une autopsie des têtes des moines, seules parties des corps retrouvées jusqu'à présent. Mais fin février déjà et maintenant donc, ce déplacement n'a pu avoir lieu.

Les autorités algériennes affirment que les religieux ont été tués par le groupe armé islamique qui avait revendiqué leur enlèvement. Mais un ancien officier algérien a, lui, dénoncé une bavure de l'armée algérienne. Faut-il donc voir dans ce nouveau contre-temps un aveu de culpabilité ? C'est l'avis - du moins si les choses ne changent pas - de Patrick Baudoin, avocat des parties civiles :

« Je vais encore rester prudent quelques temps, pour ne pas dire quelques jours. Il se trouve que les autorités algériennes laissent entendre à nouveau que cette annulation n'est pas forcément un refus définitif des venues du juge Trévidic en Algérie. Je les prends au mot et je leur dit ou bien, à très brefs délais maintenant, le juge Trévidic a la possibilité d'aller en Algérie et reçoit une lettre d'invitation officielle, et il peut faire pratiquer les autopsies des têtes des moines, pusique c'est l'objectif prioritaire, ou alors, si à nouveau, on se trouve en présence d'atermoiements équivalant à un refus, on en tirera absolument toutes les conséquences. Il va de soi que cela signifiera forcément que l'absence de coopération, l'entrave aux opérations du juge ne pourront qu signifier une sorte d'aveu de la part des autorités algériennes. »

« On ne peut pas concevoir que l'on refuse à un magistrat instructeur la possibilité de pratiquer une autopsie qui n'a jamais été réalisée, ce qui est assez incroyable. Quand sept personnes sont assassinées quelque soit l'endroit du monde, où que cela se passe, on pratique une autopsie. D'autre part il faut souligner que ce sont des Français, et que la justice a une compétence absolue. Si demain, il y avait en France sept Algériens qui se trouvent assassinés dans des conditions abominables, je pense que personne ne s'offusquerait de voir un juge algérien demander à venir et pouvoir enquêter librement. Ce n'est pas une immixtion dans les affaires intérieures algériennes, c'est une demande légitime que de laisser un juge français enquêter sur la mort de citoyens français. »

Source : Rfi.fr
 



Samedi 31 Mai 2014 - 10:09



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