Timide rentrée des classes aux PA: l’absence des élèves bloque «Oubi tey Jang tey»

Deux (2) jours après le corps professoral, les élèves sont invités à réintégrer les classes ce mercredi, après les vacances scolaires. Le jour du 5 octobre marquant l’ouverture, qu’en est-il du fumeux «Oubi tey Jang tey» ? Une tournée dans certaines écoles des Parcelles Assainies plus précisément des Unités 3, 4 et 6 permet de constater que le démarrage des cours dès la rentrée est loin d’être effectif. Pour ce faire, il faudrait que les élèves fassent le déplacement. En plus des absences, certains élèves ne sont venus ce matin à l’école que pour s’inscrire et pas pour autre chose. Chez certains parents, l’ouverture, ce sera le lundi prochain.



Il est 08 heures passées à l’école élémentaire P.A.Y des Parcelles Assainies U3. Dans son bureau, le  Directeur adjoint accueille les parents et élèves qui venaient certains pour de nouvelles inscriptions, d’autres pour des questions de transferts ; au moment où des élèves étaient avec leurs maîtres dans les salles de classes.
 
«La rentrée se passe bien. Le corps administratif et les enseignants sont là depuis le 03 octobre 2016. Aujourd’hui, c’est l’ouverture officielle des élèves. Les parents d’élèves sont venus avec leurs enfants, les enseignent sont tous présents. Il n’y a aucun problème», confie Abdoulaye Thiam.

Abordant le concept «Oubi tey Jang tey », une des enseignantes qui a requis l’anonymat, soutient : «Nous avons débuté comme le souhaite le ministre de l’Education nationale, avec le concept «Oubi tey Jang tey» par des révisions pour rafraîchir la mémoire des élèves et pour voir leur niveau. Nous leurs avons aussi donné la liste des fournitures à acheter ».
 
Avant de préciser : «Comme vous l’avez constaté, tous les enseignants sont là au moment où c’est la moitié des élèves seulement, qui s’est présentée. Les parents pensent qu’il faut attendre alors que tel n’est pas le cas». 

La situation est pire au Groupe scolaire Silèye Guissé, sis aux Parcelles Assainies Unité 4. Dans l’établissement abritant un cycle scolaire élémentaire, moyen, général et secondaire, la rentrée se passe timidement, selon les propres termes du Directeur.
 
«La rentrée se passe timidement parce qu’au niveau de l’information, il y a problème dans la mesure où la rentrée des classes est fixée par décret présidentiel. Vous savez au Sénégal, il y a des problèmes «mythiques», beaucoup de parents pensent que la rentrée, ce sera pour le lundi », souligne Demba El Hadji Camara.
 
Selon lui, c’est lié aux conditions de vie sociales et beaucoup de parents mettront ce temps à profit pour acheter les fournitures aux enfants. C’est ainsi que dit-il, les élèves viennent au compte-gouttes.
 
 
 
Ce, alors que «les enseignants sont tous présents » et que des «dispositions sont déjà prises pour le démarrage des cours aujourd’hui». «Mais vu la situation, on ne pouvait pas le faire parce qu’il y a beaucoup d’élèves qui se sont inscrits mais qui ne sont pas venus parce que les parents attendent le lundi pour mieux préparer la rentrée», regrette-t-il.

Censeur du lycée Fadia, Monsieur Sall assure de son côté qu’«à la date d’aujourd’hui, toutes les conditions sont réunies pour une bonne ouverture des classes; le personnel administratif et les enseignant s’étant réuni hier en Assemblée générale (AG) de rentrée».

«Nous avons répertorié tous les problèmes auxquels on est confrontés. Et certains ont déjà trouvé solution. Ce que je peux vous dire tout de suite, c’est que les classes peuvent fonctionner parce que les locaux ont été désinfectés, les flaques d’eau supprimées. On attend les élèves. Il y a des élèves qui ne se sont pas encore inscrits. On est même disposé à les prendre en classe. L’essentiel est qu’on démarre le premier chapitre. Tous les enseignants étaient au rendez-vous à la date du 3 octobre. Le taux tourne autour de 80 %, à part quelques enseignantes qui ont appelé pour des congés de maternité, d’’autres ont des empêchements ponctuels, tolérés et prévus par les dispositions réglementaires», explique Monsieur Sall.  
 
Monsieur Coly Diouf est le président des parents d’élèves du lycée Seydina Issa Rouhoulahi sis à la Cité Fadia. Constatant «dès les premières heures de la journée que les élèves sont venus en grand nombre, de même que les professeurs», «seulement pour ce qui est de la reprise des cours», indique-t-il : «Cela ne peut pas se faire tout de suite parce que les conditions matérielles ne sont pas réunies. Il faut qu’on fasse une visite des classes pour voir si tout est prêt (tables bancs,…) et si les salles de classes peuvent recevoir les élèves».
 
Beaucoup d’élèves étant venus ce matin pour s’inscrire, le parent d’élèves déclare qu’«avant la rentrée, (ils avaient) quelques problèmes pour le désherbage du lycée». «On était obligé d’engager des jeunes pour qu’ils fassent le travail parce qu’on n’avait pas reçu la mairie ni le service d’hygiène. C’est hier que le service d’hygiène est venu en même temps qu’une équipe de la mairie de Guédiawaye envoyée par le maire Aliou Sall pour désherber l’espace derrière le bloc. On peut dire qu’actuellement le lieu peut accueillir les élèves», renseigne Coly Diouf.
 
S’agissant des perturbations de l’année dernière, ces acteurs nourrissent «l’espoir qu’on trouve un terrain d’entente avec le gouvernement avec les négociations qui ont déjà commencé».
«S’il y a la volonté de part et d’autre, il n’y aura pas de problèmes. Les enseignants sont disposés à travailler et à servir leur pays. L’Etat aussi a compris l’esprit qui anime les enseignants et je crois bien que si l’Etat respecte ses engagements, nous pourrons trouver un terrain d’entente en ce sens que qu’aucune partie ne gagnerait vraiment à se recroqueviller sur elle-même car en ce moment, c’est l’école qui va en pâtir», marque Abdoulaye Thiam, le Directeur adjoint de l’école élémentaire P.A.Y.
 
 
Par rapport à l’année dernière, le Censeur du lycée Fadia invite «tout le monde à s’y mettre » pour année scolaire apaisée.
 
«Le gouvernement est disposé à respecter les revendications des enseignants, les enseignants également sont disposés à travailler pour éviter des perturbations qui n’arrangent personne, ni les enseignants qui sont obligés en fin d’année de faire des bouchées doubles, encore moins les parents d’élèves qui ont beaucoup investi dans la scolarité de leurs enfants et les élèves au point de vue niveau. C’est simple d’organiser les examens, il suffit d’avoir les moyens pour le faire mais le plus dur, c’est de maintenir les élèves en situation d’enseignement – apprentissage d’une durée normale. C’est cela qui rend performant le système éducatif », table Monsieur Sall.
 
Pour ce qui est des relations entre gouvernement et enseignants, il appelle «l’Etat à faire un effort pour satisfaire les revendications des enseignants qui ne sont pas à proprement parlé des revendications mais des droits». Selon lui, «lorsque les enseignants réclament les sorties des actes de reclassement, c’est dans le fonctionnement normal de l’administration. L’essentiel est que l’Etat montre sa bonne volonté et que les enseignants aussi apprennent à lâcher du lest parfois. Nous sommes tous issus de l’école publique et personne n’a intérêt à la détruire… ».

Pour sa part, le président des parents d’élèves du lycée Seydina Issa Rouhoulahi, préfère rappeler aux parents qu’«il ne s’agit pas d’inscrire seulement son enfant à l’école pour dire que c’est la fin ».
«Quand on inscrit un enfant à l’école, on le suit. On doit savoir ce que fait cet enfant à l’école, se rapprocher de son professeur. L’enseignant a un devoir, c’est un employé qui est payé. Il faut que les parents s’impliquent dans la vie de l’école de leurs enfants pour s’enquérir des problèmes et chercher des solutions…», affirme Monsieur Coly Diouf. 
 



Ibrahima Mansaly

Mercredi 5 Octobre 2016 - 15:20



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