Transfert d’argent : les craintes des opérateurs s’intensifient

Les braquages récurrents perpétrés contre des opérateurs de transfert d’argent inquiètent de plus en plus ces derniers. C’est dans ce sens qu’ils ont décidé de prendre certaines dispositions car, selon eux, l’Etat ne prend pas en charge correctement leur sécurité.



Transfert d’argent : les craintes des opérateurs s’intensifient
L’insécurité qui menace leur secteur d’activité interloque les opérateurs de transferts d’argent. Et le dernier braquage en date qui s’est déroulé à Ouakam le week-end dernier n’est pas pour les rassurer. C’est ce que révèlent des gérants qui se sont ouverts à nos confrères de l’As

 «J’ai de réelles craintes par rapport à la sécurité. Depuis l’attaque de Ouakam, nous avons pris des dispositions sécuritaires particulières que nous ne pouvons pas divulguer. Nous tentons de limiter au minimum les risques d’attaques potentielles de braqueurs. Nous ne laissons aucune somme d’argent sur place et un vigile veille sur notre boutique la nuit venue», a déclaré Moussa Gningue d’une boutique sise aux Parcelles Assainies.

Un de ses collègues, Saliou Sarr, renchérit : «Nous faisons de bons chiffres d’affaires à l’approche des grands évènements religieux. Mais, je vous assure que le business ne marche plus comme avant. La forte concurrence qui règne dans ce secteur a fortement réduit les bénéfices».

Mais leurs craintes ne sont que partiellement partagées par un autre gérant. «Nous sommes ouverts tous les jours entre 8h et 18h. Avant, nous avions un vigile mais nous avons dû nous en séparer faute d’argent pour le payer. Le risque est le même que chez les commerçants et autres vendeurs dans la rue. Nous sommes vigilants par rapport à cette question ». soutient Abdoulaye Dièye.

Néanmoins, il interpelle les autorités et prévient qu’il a pris quand-même certaines mesures : «Les autorités doivent veiller à la sécurité des personnes et des biens conformément à leurs missions. N’empêche,  nous avons pris un certain nombre de dispositions pour éviter que cela n’arrive. Par exemple, je me débrouille pour être toujours avec mon collègue pour parer à toute mauvaise surprise. Mais parfois, face à ce type de menace, aucune mesure sécuritaire ne suffit. Car le risque zéro n’existe pas ».

Quid de Fatou Diémé qui fait savoir qu’il lui arrive de trouver un prétexte face à un client suspect : «il m’arrive souvent de prétexter la défaillance du réseau internet pour refuser d’effectuer une opération d’une personne un peu louche à mon gout. Je le fais par simple mesure de sécurité et de crainte de me faire agresser. Je m’efforce d’être vigilante pour parer à toute éventualité ».

Face à ces menaces qui pèsent sur des personnes ayant décidé d’investir leurs économie dans leur pays, l’Etat devrait accorder plus de considérations à leurs doléances : ne serait-ce que pour donner des gages à ceux qui veulent les suivre. 

Ousmane Demba Kane

Vendredi 19 Août 2016 - 11:34



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