Transport public : les usagers à la merci des intempéries climatiques

«Le client est roi». C’est une assertion qui est dévoyée voire dénuée de sens dans le secteur de transport public sénégalais. En effet, les usagers sont malmenés , mis dans des conditions presque inhumaines. S’ils ne sont pas entassés comme dans un pot de sardines, ils sont rudoyés à l’arrêt par d’ardents rayons de soleil ou la pluie. Une grande partie des arrêts de bus ou de minicars sont dépourvus d’abris encore moins de sièges. Les clients s’offusquent de ces conditions et parlent d’injustice.



Arrêt de bus qui cohabite avec des tas d'ordures (source photo: maamdaawur.blogspot.com/)
Arrêt de bus qui cohabite avec des tas d'ordures (source photo: maamdaawur.blogspot.com/)
Cette période hivernale et de forte chaleur est un sal temps pour les usagers de transport en commun. Ils sont exposés aux ardents rayons du soleil où à des tempêtes de pluies. Ils rouspètent à longueur de journée aussi longtemps que dure leurs attentes.

Un soleil de plomb arrose la capitale sénégalaise. Les rues grouillent de monde. La circulation est serrée malgré les vacances. Sur les deux voies de la route du Front terre, un arrêt est niché juste avant le rond point Liberté jouxtant le mur de l’école Derklé. Une vingtaine de personne est à l’affût. Ils guettent et scrutent les lignes des bus de la société de transport Dakar Dem Dikk pour voir si cela correspond à leur destination. Tandis qu’une dizaine de personnes occupe le banc, d’autres se servent de leur foulard ou classeurs pour se protéger du soleil accablant.

Un peu à l’écart, un jeune homme assez robuste vêtu d’une chemise bleue et d’un jeans est certainement las d’attendre dans ces conditions. Babacar Diop, il se nomme ,est assis sur une brique sous le mur de l’école élémentaire Derklé 3. «Il fait très chaud à l’arrêt. Je me suis réfugié derrière ces briques pour chercher un peu d’ombre et il n’y a plus d’espace sur le banc» se désole le jeune homme.

Ôtant les écouteurs des oreilles, Babacar Diop s’en est pris aux transporteurs. «Ce n’est pas sérieux», fulmine-t-il. «Ces entreprises de transport doivent construire des abris pour mettre les usagers dans de bonnes conditions, au lieu de les laisser à l’air libre». Il n’a pas fini de nous parler la ligne 10 se pointe. Babacar Diop d’un pas pressé file vers l’arrêt.



Transport public : les usagers à la merci des intempéries climatiques
Ce bus a permis de désengorger cet arrêt qui réunit les usagers des quartiers de Derklé, Khar Yalla, Liberté 5, 6 et extension. Une jeune fille, la vingtaine bien sonnée et habillée en jeans bleu et body blanc fait partie de ceux qui attendent la ligne 4. Couturière de formation, Georgette Sané souffre de l’époustouflante chaleur malgré son accoutrement très léger.

En plus de cette forte insolation, Georgette Sané est incommodée par une odeur nauséabonde provenant des tas d’ordures situés en face de l’arrêt. «Alors que le soleil tape fort sur nos fronts, cette odeur vient amplifier les choses», écrie-t-elle. Et de poursuivre : «on doit mettre suffisamment de bancs et d’auvents».

Si à cet arrêt, il y a des bancs, ce n’est pas le cas pour une large frange. Tous les arrêts de bus qui longent les deux voies de liberté 6 extension qui relient la VDN au rond liberté 6, il n’y a ni abris, ni banquettes. Il n’y a que quelques arbres qui servent d’auvents.

Au moment où la principale société de transport en commun Dakar Dem Dikk tente de faire des efforts pour «loger» les clients en attente, les transporteurs de bus de marque «Tata» ne se fatiguent pas du tout. Il est vraiment très rare pour ne pas dire impossible de voir ces «Tata» comme on les appelle communément se stationner devant des arrêts bien aménagés pour que leurs clients ne soient pas trempés ou subissent une insolation.


Ndèye Maty Diagne

Lundi 10 Août 2009 - 18:10



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