Traquer les délinquants du régime Sall: Nafi Ngom Keïta et Cie prêtent serment ce mercredi




 
Annoncés depuis 2012 pour la prévention et la lutte contre la corruption et les infractions semblables dans le but de renforcer le dispositif stratégique de la gouvernance publique, les membres de l'Office Nationale de lutte contre la Fraude et la Corruption (OFNAC), dirigé par Nafi Ngom Këita, seront  installés demain jeudi. Mais c’est aujourd’hui mercredi qu’ils vont prêter serment à la Cour d'Appel de Dakar. Ce, avant d'être installés par le président Sall. Ils auront par ailleurs la responsabilité de traquer les délinquants du régime de Macky Sall.
 

Au cours d’une rencontre avec les Inspecteurs Généraux d’Etat (IGE) et les membres du gouvernement tenue le 21 mai 2012, le chef de l’Etat annonçait la mise sur pied de l’OFNAC « qui va être bientôt créée » et qui est « une autorité indépendante qui aura pour mission la prévention et la lutte contre la corruption et les infractions connexes » et « sera chargée de promouvoir l’intégrité et la probité dans la gouvernance publique. Cette structure sera dotée d’importants pouvoirs notamment celui d’auto-saisine pour toute enquête ou investigation qu’il jugera utile » disait Macky Sall qui relevait que « l’OFNAC va aussi publier ses rapports ».

 
Mais ce n’est que le 16 décembre 2013 que le président de la République décrétait la levée des contraintes pour le démarrage de la mission de l’Office avec une dotation d’un budget de 500 millions de F CFA. A l’ouverture du Conseil présidentiel sur le suivi des questions économiques et sociales, le successeur du président sortant Wade n’avait pas raté l’occasion pour s’expliquer sur le retard du démarrage des activités de l’OFNAC. « J’ai été surpris en tant que chef de l’Etat qui ai décidé de la création d’un organe pour renforcer notre gouvernance, de me retrouver d’être accusé de ne pas vouloir développer une politique de transparence. L’OFNAC est un organe de l’Etat, ses problèmes doivent être posés au sein de l’appareil d’Etat.

 
S’il y a un problème de budget ou de nomination, je ne dois pas l’apprendre par la presse ou par la société civile. J’avais décidé que d’ici la fin de l’année, je ne le toucherai pas pour que tout le monde comprenne que la meilleure démarche, c’est le dialogue interne d’abord. Si le dialogue interne ne permet pas d’avancer, en ce moment, on peut poser le débat. Mais ce n’est pas en le posant dehors, en mettant la pression, que les choses vont bouger. Je ne marche pas comme cela. L’OFNAC a été ma décision personnelle. Donc cette contrainte sera levée, les nominations qui restent seront faites. Le ministre de l’Economie et des Finances a déjà inscrit 100 millions dans le projet de budget et il y a 400 millions qui compléteront à partir du mois de janvier », lançait Macky Sall.

 
Ce, à l’endroit de la Présidente, Nafi Ngom Keïta auteure d’une tonitruante sortie publique pour déplorer le fait que les moyens ne soient pas donnés à l’OFNAC pour accomplir ses missions. Le projet de loi soumis dès lors à l’approbation des députés était passé comme lettre à la poste. A cet effet, la structure «peut déclencher l’action publique mais il n’a pas de pouvoir judiciaire. Toutefois il publie son rapport en toute indépendance et peut même saisir le procureur… pour combattre pour «de bon la corruption et la fraude qui jouent un rôle néfaste pour le décollage économique de notre pays», indiquait Aminata Touré alors ministre de la Justice.
 
En dehors de Nafi Ngom Keïta et d'Ibrahima Faye (respectivement présidente et vice-président de la structure), l’OFNAC compte dix (10) membres dont l’ancien Directeur Général de la Police Nationale (DGPN), le commissaire Codé Mbengue et l’ancien ministre du Commerce sous Wade, Amadou Niang.


Mercredi 26 Mars 2014 - 06:00



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