Tunisie: 4 ans après la révolution, les proches des victimes en colère

La Tunisie célébrait mercredi le 4e anniversaire de sa révolution, le 14 janvier marquant la date du départ de Ben Ali. Une cérémonie officielle s'est tenue au palais présidentiel, mais elle a été marquée par la colère des familles des victimes de la révolution (plus de 300 morts et des centaines de blessés).

Elles réclament la vérité sur la mort de leurs proches. Les festivités ont même été interrompues.



Les proches des victimes de la révolution tunisienne de 2011 lors des célébrations du 4e anniversaire, le 14 janvier 2015, au palais présidentiel. REUTERS/Zoubeir Souissi
Les proches des victimes de la révolution tunisienne de 2011 lors des célébrations du 4e anniversaire, le 14 janvier 2015, au palais présidentiel. REUTERS/Zoubeir Souissi

Il venait de promettre d’être « la voix des sans voix », mais à peine terminé son discours, le chef de l’Etat nouvellement élu, Beji Caïd Essebsi, est interrompu par les protestations d’hommes et de femmes qui demandent « fidélité aux martyrs ». Des Tunisiens déçus que les noms de leurs proches décédés pendant la révolution ne figurent pas en haut de la liste de remise de médailles de la République.

Au milieu des pleurs, et des cris de colère, Nabil s’accroche au portrait de son frère, victime de la révolution : « On est fâché du fait qu’il ne parle pas des gens comme mon frère. Ça fait quatre années et on ne voit rien du tout. C’est très long », regrette-t-il. Nabil reproche aux autorités de n’avoir rien fait pour accélérer les procès des martyrs. L’argent reçu ces dernières années en compensation ne remplacera pas « la vérité », dit-il.

« Tous les martyrs seront décorés »

Malgré la tension, le conseiller politique du président, Mohsen Marzouk, assure ne pas être surpris : « Pendant les quatre dernières années, les gouvernements qui étaient en place et le président de la République n’ont rien fait pour les conséquences économiques, sociales et juridiques des familles des martyrs, souligne-t-il. On a entendu le message et on va tout faire pour essayer de trouver les solutions là où les autres n’ont pas réussi à trouver des solutions. »

« Tous les martyrs sont dans nos esprits et seront décorés. Ce que vous faites n'est donc pas nécessaire », a commenté Beji Caïd Essebsi, avant de quitter la scène.

Logements sociaux

A noter que le chef du gouvernement provisoire, Mehdi Jomaa, a remis hier les clés de six logements sociaux à des blessés de la révolution.


Rfi.fr

Jeudi 15 Janvier 2015 - 10:13



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