Tunisie: Walid Sfar préconise l'adoption «d'une dictature républicaine»

Walid Sfar, porte-parole d'un parti politique membre de l'actuelle coalition au pouvoir en Tunisie, a lâché lundi 4 juillet une « bombe » sur son compte Facebook. Dans un post, il préconise d'adopter une « dictature républicaine » inspirée de l'« exemple romain ». Une nouvelle dictature en Tunisie ? L'idée ne passe pas inaperçue dans ce pays, qui a connu 23 ans de règne de Ben Ali.



Tunisie: Walid Sfar préconise l'adoption «d'une dictature républicaine»
Une vingtaine de lignes postées sur Facebook par Walid Sfar auront suffi à déclencher une avalanche de réactions. L'auteur âgé de 36 ans fait partie de la nouvelle garde politique en Tunisie, membre fondateur et porte-parole d'Afek Tounes, un parti néo-libéral créé au lendemain de la révolution.
 
Lundi, sur son compte Facebook, Walid Sfar a écrit que «la plus grande priorité en Tunisie est de rétablir la force de la loi» Et pour cela, il faut «adopter la solution romaine», c'est-à-dire «la dictature républicaine».
 
« La dictature est un outil parfois nécessaire à la démocratie »
 
Pour étayer son idée, il affirme qu'en « République, la dictature est un outil parfois nécessaire à la démocratie pour rétablir l'ordre en période de chaos, à condition de mettre les garde-fous nécessaires ».
 
Il faudrait, selon lui, nommer « un dictateur » pour une période de 12 mois, renouvelable une fois, dans le but de « faire appliquer la loi ».
 
Des internautes ahuris
 
A peine publié, ce message a été partagé des centaines de fois et abondamment commenté par des internautes souvent ahuris, voire outrés.
 
«23 ans de dictature de Ben Ali n'ont visiblement pas suffi», s'alarme une jeune militante. « Je suis perplexe, ajoute-t-elle. Comment un parti né après le 14-Janvier, date de la révolution, peut-il se permettre de faire l'éloge de la dictature avec autant de confiance ?»
 
Certains parlent de «suicide politique en public», alors que d'autres lui conseillent de revenir à certains auteurs comme Rousseau ou La Boétie. Une poignée d'électeurs disent également regretter d'avoir voté pour le parti Afek Tounes aux élections de 2014.
 
Des soutiens à cette proposition
 
Sur les réseaux, on peut lire : «Bravo pour cette position courageuse », «il faut oser, c'est aussi ça la politique », «ce n'est pas une dictature, c'est une mesure exceptionnelle pour débloquer une situation».
 
Mais dès le lendemain, le jeune politicien a tenté une mise au point, notamment à l'attention de ses détracteurs. Il explique que cette «réflexion personnelle n'engage que sa personne et en aucun cas le parti». Il dit avoir eu recours à cette «caricature pour illustrer le profond malaise que les Tunisiens vivent».
 
Objectif : créer un débat autour de la question. Un débat qui a bien lieu, mais qui se concentre principalement sur les réseaux sociaux, puisque très peu de médias ont repris ces déclarations.


Source: Rfi.fr

Aminata Diouf

Vendredi 8 Juillet 2016 - 14:07



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