Tunisie: vague d'indignation sur les réseaux sociaux

La Tunisie a vécu une semaine d'agitation sociale inédite depuis sa révolution en 2011. Comme il y a cinq ans, la contestation a démarré dans le centre-ouest du pays, à Kasserine. Un jeune chômeur est mort déclenchant une vague de solidarité sur les réseaux sociaux.



Ridha Yahyaoui  s’est tué en montant sur un poteau électrique le samedi 16 janvier, sans que l’on sache s’il s’agit d’un suicide ou d’un accident. Il venait en tout cas d’apprendre que son nom ne figurait plus sur une liste de dossiers prioritaires pour une embauche dans la fonction publique.

Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, devenue virale, montre un groupe de jeunes hommes sur le toit de la préfecture menaçant de se suicider au grand désarroi des manifestants qui se trouvent au pied de l'immeuble.

« Une partie des Tunisiens est solidaire des démunis »

Comme beaucoup de Tunisiens, c'est sur Facebook que le jeune Hafedh Ben Omar originaire de Sfax, à l'Est, découvre cette vidéo.

« Les régions se renforcent les unes les autres. Quand Sidi Bouzid s’est soulevé en janvier 2011, les autres régions l’ont soutenue. Cette fois, Kasserine a bougé et la même solidarité s’est exprimée. Mais je pense qu’une partie des Tunisiens est tout simplement solidaire des démunis », peut-on lire sur Facebook.

L'ampleur du mouvement devient vite nationale, favorisée par le taux de pénétration d'internet et de Facebook : 48% des Tunisiens ont un compte sur le réseau.

Le chômage en question

Les protestations de ces derniers jours en Tunisie dénoncent à la fois le manque d'emplois et le chômage endémique  chez les jeunes diplômés.

La corruption est également pointée lors de ces manifestations. « 100% des Tunisiens considèrent qu’elle a augmenté et qu’elle est partout alors qu’elle était de 80% avant le 14 janvier », déclare Taoufik Chammari, président du Réseau national contre la corruption.

Il questionne : « La Tunisie dispose d’institutions de contrôle au niveau de la Cour des comptes, au niveau d’un tribunal administratif et d'une Cour de discipline budgétaire et financière (CDBF). Il faut faire un certain nombre de réformes. Et pourquoi ça n’est pas engagé ? »

Source: Rfi.fr



Dimanche 24 Janvier 2016 - 08:42



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