UCAD-Echanges de lacrymogène et de pierres entre forces de l’ordre et étudiants: La démission de Mari Teuw Niane réclamée



Nouveau jour de front à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). « Je suis présentement dans mon bureau à l’université. Je n’ai même pas pu terminer mon cours ce matin parce que les étudiants sont venus demander à leurs camarades de sortir. Au moment où je vous parle, on entend les grenades lacrymogènes. Il y a des pierres jetées par les étudiants ». Selon le Pr Bouba Diop, ancien médiateur à l’UCAD, Professeur au département d’Histoire, l’heure est grave. « C’est une atmosphère chaotique, un véritable capharnaüm ». En ce sens, l’Etat aura beau multiplier les conseils interministériels ou les réunions mais rien n’y fera. Pour lui, il urge de « retourner aux départements dans les facultés » qui sont pour leur part, « rattachées au rectorat lié au ministère de l’Enseignement supérieur » du gouvernement.

 
Autrement dit, « refaire la pyramide pour trouver des solutions sinon nous n’allons pas nous en sortir car actuellement c’est le chaos et le chaos il est là depuis très longtemps : la grande confusion, l’argent qui circule, des gens qui sont étudiants, d’autres ne le sont pas. On fera mille conseils interministériels mais le problème ne sera jamais résolu ». Pour son collègue, le Pr Malick Ndiaye, enseignant à l’UCAD, il ne s’agit pas de ça. Mais que la tutelle, Mari Teuw Niane qui a échoué, rende le tablier. « Quand on est incompétent et qu’à chaque fois on utilise des mesures autoritaires où on pousse le gouvernement ou le président de la République a utiliser des mesures administratives policières alors que la méthode de notre pays est celle du consensus, l’apaisement, du dialogue », le bon sens «commande de lâcher soit même son portefeuille au nom de la paix ou qu’on y soit forcé».


Solidaire aux étudiants en tant qu’ancien leader, le Pr Malick Ndiaye sur les ondes de la Rfm, qui réclame par ailleurs la libération des 22 étudiants traduits en justice, de dire qu’on ne lui parle pas de « biens détruits ». « Combien de biens ont été détruits par les mêmes personnes ? La situation à Saint-Louis est très grave, on sait qui a fait quoi et le Pr Samba Traoré ne me démentira pas », rage-t-il. Ce, avant d’indiquer que « la vérité, c’est que la réforme est mal en poing, le pays réclame un apaisement et d’autres méthodes de réformes, le gouvernement ne comprend pas la différence entre l’autorité et le pouvoir. Le pouvoir, c’est le gendarme qui frappe. Cela ne fait plus peur au Sénégal mais l’autorité de l’Etat est en train d’être battue en brèche ».


Prenant à témoin Djibo Leïta KA, l’enseignant de réaffirmer son soutien aux étudiants car assène-t-il, « nous savons comment on se sent lorsqu’on est privé de bourses ».  


Mardi 27 Mai 2014 - 15:23



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