Ukraine: un dialogue russo-ukrainien sur le fil du rasoir

Le cessez-le-feu en Ukraine, malgré des accrocs près de Donetsk et Marioupol, tient à peu près. Hier, près de 650 prisonniers ont été libérés. Le président ukrainien Porochenko a effectué une visite surprise à Marioupol, la grande ville sur la mer d'Azov qui est menacée par les séparatistes. Il a eu à cette occasion une conversation téléphonique avec le président Poutine.



Ukraine: un dialogue russo-ukrainien sur le fil du rasoir
L'Union européenne, qui reste sceptique sur la durabilité du cessez-le-feu, a approuvé, hier lundi 8 septembre, de nouvelles sanctions contre Moscou. Toutefois, l'UE laisse un peu de répit à la Russie puisque ces sanctions ne seront opérationnelles que lorsqu'elles seront publiées au Journal officiel de l'UE, une procédure qui peut prendre plusieurs jours. Moscou a déjà prévenu qu'elle répliquerait à d'éventuelles nouvelles sanctions.
« S'il y a des sanctions portant sur le secteur de l'énergie ou des restrictions supplémentaires imposées au secteur financier de la Russie, nous réagirons de manière asymétrique », a prévenu Moscou. C’est le Premier ministre Dmitri Medvedev qui est monté en première ligne, tandis que les président Poutine poursuit apparemment un dialogue en faveur de la paix avec le président ukrainien Porochenko.

Interdire le survol du territoire russe ?

Dmitri Medvedev a menacé d'interdire le survol du territoire russe aux compagnies aériennes occidentales. « Si elles doivent contourner notre espace aérien, cela pourrait conduire à la faillite de nombreuses compagnies », a-t-il menacé. Pour Dmitri Medvedev, les sanctions américano-européennes sont « stupides », mais il reconnaît que l'économie russe rencontre des difficultés.
Il espère que la crise ukrainienne sera résolue, « à condition que les dirigeants ukrainiens manifestent de la bonne volonté et s'emparent des propositions mises en avant par la Russie », ajoute-t-il. C'est aujourd'hui que sort un premier rapport d'enquête sur la tragédie du Boeing de la Malaysia AIrlines qui s'est écrasé en Ukraine à la mi-juillet. Un rapport qui aura sans doute des conséquences sur la mise en oeuvre des sannctions et sur les relations entre la Russie et les pays occidentaux.

A Marioupol, un quotidien sous tension

Après les entorses au cessez-le-feu de ce week-end (4 soldats ont été tués depuis le début de la trêve selon le ministère de la Défense), la situation est globalement calme à Marioupol, constate l'envoyé spécial de France 24Jonathan Walsh. Les tirs d’artillerie ont cessé de résonner et dans le centre-ville, la vie suit son cours. Pas de tensions particulières.
Mais pour ce qui est de l’état d’esprit ici, il faut dire que le pessimisme est un sentiment presque universellement partagé par la population. On sait que le port stratégique de Marioupol est un objet de convoitise pour les rebelles pro-russes et personne ne croit à un règlement rapide du conflit ou à un cessez-le-feu durable.
Pour les habitants, ce n’est qu’une question de temps avant que les combats ne reprennent. Pour eux, l’attaque de samedi contre un barrage militaire à deux kilomètres à peine du centre-ville n’en est qu’une preuve supplémentaire.

Porochenkoentre fermeté et diplomatie

Le président ukrainien est venu en quelque sorte remonter le moral des troupes dans ce port de la mer d’Azov. Il a d’ailleurs effectué cette visite en uniforme militaire, un message en soi. Petro Porochenko a rencontré les ouvriers des aciéries de la ville devant lesquelles il a tenu des propos très fermes affirmant que l’armée renforçait ses positions à Marioupol et que jamais, il ne laisserait les rebelles prendre la ville.
Le chef de l’Etat ukrainien a aussi donné une conférence de presse et là encore, il a été assez offensif, en déclarant que la vraie solution au conflit était tout simplement le retrait des troupes russes du territoire ukrainien et la fermeture des frontières. Il a aussi rappelé qu’il n’était pas question d’accorder une quelconque indépendance aux territoires tenus par les rebelles pro-russes autour de Donetsk et Lougansk.
Mais dans le même temps, il dit croire au cessez-le-feu en vigueur et aux négociations politiques en cours entre Kiev et les rebelles pro-russes, saluant la libération de centaines de prisonniers dans le cadre de ces pourparlers. Il a aussi souligné qu’assez de sang avait coulé et que les armes à elles seules ne pourraient pas mettre fin au conflit dans l’est de l’Ukraine.

rfi.fr

Mardi 9 Septembre 2014 - 12:36



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