Un journal suédois accuse l'armée israélienne de trafic d'organes de Palestiniens

Le chef du gouvernement israélien, Benyamin Nétanyahou, a mis à profit la réunion du conseil des ministres, dimanche 23 août, pour exiger des autorités suédoises qu'elles condamnent l'article publié le 17 août par le quotidien tabloïd Aftonbladet, affirmant que l'armée israélienne a couvert un trafic d'organes humains prélevés sur le corps de Palestiniens.



Un journal suédois accuse l'armée israélienne de trafic d'organes de Palestiniens
Le journal précisait que la découverte de ce trafic (qui remonterait à 1992) serait liée à l'arrestation récente, à New York, de plusieurs juifs membres d'une organisation mafieuse, coupables, notamment, de trafic d'organes humains.
 
L'affaire a fait grand bruit en Israël, à la fois parce que les relations israélo-suédoises sont difficiles - Stockholm est accusé de prendre systématiquement parti pour les Palestiniens - et parce que ce type d'accusation est vite assimilé à de l'antisémitisme.
 
Toujours aussi peu diplomate, le ministre israélien des affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a estimé que le refus d'intervenir du gouvernement suédois - au nom de la liberté de la presse - rappelait "la non-intervention de la Suède pendant la seconde guerre mondiale". Sous-entendu son silence concernant l'Holocauste.
Le ministre des finances, Youval Steinitz, a enfoncé le clou : "Au Moyen Age, on répandait des diffamations accusant les juifs de préparer le pain azyme de Pâque avec du sang d'enfants chrétiens, et aujourd'hui, ce sont les soldats de Tsahal (l'armée israélienne) qui sont accusés de tuer des Palestiniens pour prélever leurs organes."

L'ambassadrice de Suède en Israël, Elisabeth Bonnier, a choisi de s'excuser, qualifiant de "scandaleux" l'article du Aftonbladet. Mal lui en a pris. La presse suédoise a vitupéré contre une ingérence inadmissible, une atteinte à la liberté de la presse, et le ministère suédois des affaires étrangères, Carl Bildt, lui donnant raison, a annulé les excuses de sa diplomate à Tel-Aviv.

Les critiques israéliennes s'accentuant, M. Bildt a écrit sur son blog que de tels articles nourrissaient l'antisémitisme et pouvaient conduire à des crimes. Le commentaire a été jugé très insuffisant en Israël, d'autant qu'entre-temps une agence de presse palestinienne a confirmé les accusations d'Aftonbladet, mais sans apporter le moindre début de preuve.
 
L'affaire, vu son peu de consistance journalistique, aurait dû vite retomber, mais M. Nétanyahou ne l'entend pas ainsi : "Nous ne demandons pas des excuses du gouvernement suédois, nous voulons de sa part une condamnation (de l'article) ", a insisté le premier ministre. "Celui qui ne condamne pas cet article antisémite n'est pas forcément le bienvenu en Israël", a averti M. Steinitz. Carl Bildt est attendu pour une visite officielle en Israël, le 10 septembre.

Khadim FALL

Mercredi 26 Octobre 2016 - 16:26



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