Un prêtre français enlevé dans le nord du Cameroun

Membre d'un monastère situé à la frontière avec le Nigeria, il aurait été kidnappé par le groupe islamiste armé Boko Haram.



Georges Vandenbeusch, un prêtre catholique français de 42 ans, curé de la paroisse de Nguetchewe, au nord du Cameroun, à la frontière avec le Nigeria, a été enlevé dans la nuit de mardi à mercredi. Les soupçons portent sur le groupe islamiste armé nigérian Boko Haram.

Le religieux a été enlevé dans le même secteur que sept Français, dont quatre enfants,kidnappés 19 février 2013  par la même organisation, classée mercredi par les Etats-Unis sur leur liste noire «terroriste». 

«Cette zone, classée en zone rouge par le centre de crise du ministère des affaires étrangères, était formellement déconseillée du fait du risque terroriste et du risque d’enlèvement», précise le Quai d’Orsay. «En connaissance de cause, le père Georges avait fait le choix de demeurer dans sa paroisse pour l’exercice de sa mission.» Le ministère assure tout mettre en œuvre pour obtenir sa libération.

Le père Vandenbeusch «a été enlevé cette nuit vers 23 heures par des inconnus armés», a raconté au téléphone à l’AFP sœur Françoise, qui travaille avec le religieux. «Il se trouvait chez lui dans l’enceinte de la paroisse» lorsqu’il a été kidnappé. «Ils (les ravisseurs) s’exprimaient en anglais. Il nous a semblé qu’ils étaient venus à pied. Nous n’avons pas entendu de bruit de voiture. Ils ne portaient pas de cagoules. Nous ne savons pas ce qu’ils ont pris chez le père. Ils étaient seuls avec lui dans sa maison», a ajouté sœur Françoise. «Ils nous ont demandé de l’argent».

A l’été 2011, Lemonde.fr avait consacré un article  à ce prêtre dans le cadre de son blog «Une année en France». Il officiait alors à Sceaux. L’évêque de Nanterre l’avait envoyé au service du diocèse de Maroua-Mokolo en septembre 2011, pour une durée de trois à six ans.

Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, est un «partenaire stratégique» des Etats-Unis et les deux gouvernements «se battent ensemble» contre le «terrorisme»islamiste, a assuré un responsable du département d’Etat. Washington accuse Boko Haram d’être «responsable de milliers de morts dans le nord-est et le centre du Nigeria ces dernières années».

De fait, bien que Boko Haram, qui signifie «l’éducation occidentale est un péché»en haoussa, et Ansaru soient «des organisations terroristes centrées sur le Nigeria», elles entretiennent «des liens avec Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi)», constate le département d’Etat. Un responsable a évoqué «des entraînements et un financement limité» fournis par Aqmi à ces organisations, lesquelles regarderaient aujourd’hui au-delà de leurs frontières, vers le Niger et le Mali.


libération.fr

Jeudi 14 Novembre 2013 - 14:18



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter