Une armée malienne en quête de repères

En attendant le déploiement de tous les effectifs de la Misma, la force africaine est constituée par l’armée malienne et l’armée française qui se sont lancées dans la reconquête du nord. L’armée malienne, qui avait échoué à lutter il y a un an contre l’avancée des rebelles touaregs puis des jihadistes, est-elle mieux armée aujourd’hui pour sa nouvelle mission ?



Soldats maliens à Bamako, le 16 janvier 2013. REUTERS/Joe Penney
Soldats maliens à Bamako, le 16 janvier 2013. REUTERS/Joe Penney
Difficile de savoir combien sont les militaires maliens. Au mieux 7 000, mais peut-être deux fois moins, confie un expert militaire européen. L’année dernière, au nord du pays, l’armée a dit avoir souffert du manque d’équipements face à des rebelles qui s’étaient eux fournis en Libye. Il n’y a pas si longtemps encore, les soldats maliens n’avaient qu’un fusil pour six, assure notre interlocuteur, qui ajoute : « Ils ont été la dernière roue du carrosse sous l’ancien régime et le payent encore ».

Autre point faible, la chaîne de commandement. Elle doit être revue de haut en bas. « C’est le nœud du problème », confie un colonel malien qui s’est battu l’année dernière au nord du pays. Le problème, que tous reconnaissent, ce sont les difficiles rapports entre la hiérarchie et la base. Il y a une perte de confiance entre tous les échelons.

Aider l'armée malienne à se reconstruire

C’est sur cette question notamment que travaillera la future mission européenne de formation à l’armée malienne, commandée par le général Lecointre. « L’idée est d’aider l’armée malienne à se reconstruire. Elle a besoin d’équipements, parce qu’elle a perdu ses équipements et que c’est l’armée d’un pays qui n’est pas riche. Elle a besoin de formation technique pour ses hommes. Et elle a besoin surtout de recréer le lien de confiance qui lui donnera la force morale nécessaire pour partir au combat », détaille le général Lecointre.

Certains soldats se battent une demi-heure avant de se replier parce qu’ils ne se sentent pas soutenus, confie de son côté un militaire français en opération dans le nord. « Ce qu’il faut, c’est reconstruire le soldat malien dans sa mentalité », explique un proche de l’ex-junte de Kati. Cela veut dire aussi revoir les modalités de recrutement qui, ces dernières années, ne se faisaient pas toujours sur la base d’une vraie vocation, mais parfois par piston. Car être militaire, c’est tout simplement avoir un travail et un salaire.

L’éthique également au cœur de la formation


La formation dispensée dans les prochaines par l'Europe à l'armée ne concernera pas simplement les aspects purement militaires, mais aussi le respect de l'éthique. En effet, les appels se multiplient au Mali pour que les soldats en opération au nord respectent les droits de l’homme et le droit de la guerre.

Exécutions sommaires à Sévaré : le ministère de la Défense promet une enquête

La Fédération internationale des droits de l'homme affirme avoir identifié au moins onze cas d’exécutions sommaires à Sévaré, dont trois cas troublants au camp militaire de la ville. Pour la FIDH, l’implication de certains éléments de l’armée malienne est avérée. Au ministère de la Défense, on assure avoir été alerté par la FIDH et on promet d’enquêter, tout en avertissant que les tenues militaires maliennes peuvent aussi être portées par l’ennemi.
Source: RFI

Dépêche

Vendredi 25 Janvier 2013 - 10:15


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