Usage des réseaux sociaux dans l’Administration : un expert en cryptographie souhaite leur interdiction

Le recours à des services de communication comme Facebook, Viber ou Whatsapp peut comporter des risques d’espionnage et de piratage, estime Djiby Sow, professeur de Mathématiques et de Cryptographie à l’Université de Dakar.



Selon le professeur Sow, le développement des sciences et technologies de l’information et de l’internet constitue de formidables opportunités pour l’être humain. Mais, ceci le rend également de plus en plus vulnérable face aux risques inhérents du cyberespace, dont l’espionnage.


Le professeur de Mathé­matiques et de Cryptogra­phie à l'UCAD a insisté sur la nécessité de ne pas recourir très souvent aux réseaux sociaux, tels que Facebook, WhatsApp ou encore Viber, surtout dans l’Adminis­tration publique. Car, dit-il, les risques d’espionnage sont énormes. «Qu’on interdise dans l’Administration publique les logiciels comme Facebook, Viber, WhatsApp, etc. Le Sénégal doit rapidement prendre des mesures draconiennes. Qu’on demande aux responsables de la sécurité informatique de l’Etat, de ne pas utiliser ces logiciels en temps de travail», alerte M. Sow.


Le professeur Djiby  Sow faisait une présentation en marge d'un colloque organisé par le ministère des Forces Armées et qui a pour thème «La cybersécurité et la cyberdéfense : Enjeux et perspectives». Durant son exposé intitulé "Cryptographie et enjeux", le professeur Sow a attiré l'attention notamment sur la sécurité des données de l'Etat : «Je ne citerai pas de nom, mais certains d’entre ces logiciels, on leur prêterait d’appartenir à des services d’espionnage. C’est pour cela qu’ils ont fait des logiciels qui sont gratuits et qui peuvent rendre service à n’importe qui. Il faut juste se poser la question : Pourquoi cette gratuité ?» Pour lui, il est temps pour l’Etat, de légiférer sur l’utilisation de ces technologies pour protéger ses données.


Djiby Sow met en garde contre les dangers liés au mauvais cryptage des données sur le net. «Dans 90% des pays du monde, les Adminis­trations utilisent de très mauvais outils de cryptographie. La plupart des données sont déchiffrées par les adeptes du piratage et comme cela arrive fréquemment, les gens qui sont dans les structures de l’Etat ne font pas un bon cryptage», ajoute Djiby Sow.


Jeudi 30 Juillet 2015 - 14:38



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