VIDÉO - Des athlètes américains genou à terre pour protester contre la politique de Donald Trump

Ce week-end, certains athlètes américains ont posé un genou à terre pendant l'hymne américain afin de protester contre la politique de Donald Trump.



Les tensions anciennes entre Donald Trump et la NFL (National Football League) ont été ravivées ce week-end, à coups de tweets agressifs. Si le premier demande « respect pour l'hymne national et le drapeau américains », les seconds semblent bien décidés à protester contre sa politique. En août 2016, il était seul, genou à terre pendant l'hymne national, à s'insurger contre les violences policières. Colin Kaepernick, jeune joueur de football américain qualifié ce vendredi de « fils de pute » par Donald Trump lors d'un meeting, apparaît comme la figure de proue de ce mouvement de protestation qui agite le milieu sportif américain. Dimanche 24 septembre, ils étaient plus de cent à se saisir du slogan « Take a knee », devenu viral. Ce mouvement a rapidement dépassé le cadre de la dénonciation des violences policières pour s'opposer plus largement au gouvernement Trump.
 
D'autres sportifs ont également éreinté le président américain. L'équipe des Golden States Warriors, championne NBA et dont le meneur, Stephen Curry, a refusé de se rendre à la traditionnelle visite annuelle de la Maison-Blanche, s'est vu retirer son invitation par Donald Trump, visiblement vexé. Entre la Maison-Blanche et le monde sportif, la rupture est consommée. Ce n'est pas la première fois que le sport se transforme en terrain politique.
 
« Les compétitions sportives reflètent la réalité du monde »
En 1968, aux Jeux olympiques de Mexico, John Carlos et Tommie Smith, deux athlètes afro-américains, lèvent leur poing ganté de noir. Malgré la loi qui met fin à l'apartheid en 1964 par le Civil Rights Act, les discriminations et crimes contre la communauté noire se poursuivent aux États-Unis. Les deux coureurs profitent de la couverture médiatique exceptionnelle des JO pour dénoncer cette situation. Les Jeux olympiques apparaissent en effet comme une vitrine politique remarquable. En 1975, au congrès de Neufchâtel, Juan Antonio Samaranch, le président du CIO (Comité international olympique), déclare : « Nul doute que les compétitions sportives, et en particulier les Jeux olympiques, reflètent la réalité du monde et constituent un microcosme des relations internationales ».
 
Lors des Jeux olympiques de Rio en 2016, l'enceinte sportive fait de nouveau office de tribune politique. Le coureur Feyisa Lilesa franchit la ligne d'arrivée les bras croisés au-dessus de la tête, symbole utilisé lors de manifestations contre la politique menée par le gouvernement éthiopien.

« Le sport plus puissant que les gouvernements »
Les événements sportifs ne sont pas seulement le lieu de protestations mais également de rassemblements. En 1971, un événement sportif en apparence de faible importance va révolutionner les relations diplomatiques entre les États-Unis et la Chine. Une équipe de ping-pong américaine se rend au mois d'avril en Chine, lors d'une compétition. Cet événement constituera un tournant historique majeur dans les relations diplomatiques entre les deux pays et sera d'ailleurs surnommé « la diplomatie du ping-pong ». Un an plus tard, Richard Nixon, président américain, rencontre Mao et reconnaît, enfin, la Chine communiste en pleine guerre froide.
 
En 1992, un an après la fin du régime d'apartheid, la Coupe du monde de rugby se déroule en Afrique du Sud. Nelson Mandela, nouvellement élu après des années d'emprisonnement, endosse le maillot vert de l'équipe des Springboks, dont le capitaine François Pienaar est blanc. À l'issue de la finale, le nouveau président sud-africain lui remet la coupe, acclamé par une foule majoritairement blanche. Ici, le sport devient vecteur de réconciliation des peuples, comme l'affirme Nelson Mandela lui-même en 2000 : « Le sport a le pouvoir de changer le monde. Il a le pouvoir d'unir les gens d'une manière quasi unique. Il est plus puissant que les gouvernements pour briser les barrières raciales ».

Lepoint.fr

Mardi 26 Septembre 2017 - 16:08



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