VIDEOS Affaire Habré : Agenda et inquiétudes sur une commission rogatoire au Tchad

Après la perquisition perpétrée au domicile de Hissène Habré, les magistrats des Chambres africaines extraordinaires sont au Tchad pour confronter, auditionner, fouiller et fouiner afin de conforter ou d’infirmer les indices graves et concordants actuellement à leur disposition. Le coordonnateur de la cellule de communication des Chambres, Marcel Mendy est revenu sur le travail des magistrats lors d’une conférence de presse tenue samedi 22 mars au siège de la chancellerie tchadienne.



«C’est suite à cette perquisition que nous sommes venus à Ndjamena pour procéder à des auditions, l’exploitation des archives de la Dds, la visite des sites supposés abrités des charniers», a expliqué Marcel Mendy, coordonnateur de la cellule de communication des Chambres Africaines Extraordinaires. Lors de la conférence de presse qu’il a animée avec le directeur de cabinet du nouveau ministre de la Justice, des présidents d’associations de victimes membres de la cellule de communication au Tchad et le Directeur de la Radio nationale Tchadienne, Marcel Mendy a décortiqué l’agenda des Chambres pour cette troisième commission rogatoire.
 
«Lors de la deuxième commission rogatoire seul le sud avait été visité. Il se trouve que le délai imparti à la commission ne permettait pas d’aller au nord et au centre. Il a été installé dans l’agenda de la troisième commission la visite du nord et du centre. Les auditions des plaignants comme des témoins se poursuivent au commissariat central et au pool judiciaire»
 
Un autre aspect central de l’enquête, c’est l’exploitation des archives de la Dds. A ce sujet, Marcel Mendy a fait savoir que «l’Etat tchadien a recruté des archivistes pour faire leur tri et leur classement».
 
Interpellé sur une éventuelle manipulation de ces archives avec le recrutement par le gouvernement tchadien d’archivistes, le coordonnateur de la cellule de communication des Chambres tente de rassurer : «il s’agit simplement d’un travail technique parce que les archives sont volumineuses et disposées pêle-mêle».
 
Les journalistes n’ont pas, dans le même sillage, manqué de revenir sur la neutralité des chambres africaines. Marcel Mendy a confié : «Il n’y a pas de relation de subordination entre le ministère de la Justice du Tchad et les Chambres. De la même façon, il n’y a aucune relation de subordination entre le ministère de la Justice du Sénégal et les Chambres. Je rappelle qu’il y a un accord de coopération judiciaire entre le Tchad et le Sénégal. Et c’est sur la base de cet accord que les officiers de police judiciaire du Tchad se mettent en rapport avec ceux du Sénégal pour auditionner les plaignants. C’est dans le cadre de cet accord que le ministère de la Justice du tchad nous facilite la tenue de cette conférence de presse. Si le gouvernement Tchadien se propose de nous prêter la salle sans bourse déliée, on ne peut que prendre»
 
Le coordonnateur de la cellule de Communication des Chambres tient à rassurer que «les opérations se déroulent normalement. Nous espérons qu’à l’issue de ce processus la chambre d’instruction aura assez d’élément pour asseoir ses accusations».




Lundi 24 Mars 2014 - 06:53



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