Vendredi Saint: Voici le bois de la Croix, qui a porté le salut du monde

Le Vendredi Saint est le jour de la souffrance et de la mort du Seigneur. Le Corps qu’il a donné à la veille de sa Passion est maintenant offert totalement sur la croix, son Sang est vraiment versé jusqu’à la dernière goutte. Arrêté avec des fausses accusations, jugé par le Conseil des prêtres et par Pilate, le gouverneur romain, Jésus est abandonné par ses amis, renié par Pierre et chargé d’une croix trop lourde. C’était un supplice honteux, une mort douloureuse et déshonorante.



Vendredi Saint: Voici le bois de la Croix, qui a porté le salut du monde
Jésus accepte tout, insultes, crachats, humiliations, coups, tortures, sans rien dire. Ses seules paroles sont de pardon et de consolation. Mort sur la Croix pour payer la dette que les hommes envers Dieu, chargé de nos péchés et de nos infirmités, il s’est abaissé, anéanti. Il est mort pour nous sauver de la mort, par ses blessures nous sommes guéris. Il est terrible cet arbre de la croix : Il est le signe de la souffrance et de la torture et sur lui a été cloué celui qui ne voulait que servir et aimer. Mais la croix est, aussi,  le signe d’amour et de réconciliation, car Dieu nous aime tellement qu’il a envoyé son Fils.    

 
Aujourd’hui il n’y a pas lieu de faire des grands commentaires, la lecture de la Passion selon Saint Jean est une mine de détails et de commentaires, qui nous fourni un chronogramme exact des derniers événements de la Passion du Christ. Prenons un peu de temps pour ruminer Paroles de Jésus sur la Croix :
 
 
J’ai soif (Jn 19,28)…..le drame de la Croix est à son comble. Asphyxié, tétanisé par les clous, le corps de Jésus est brulant de fièvre. D’où le besoin pressant de boire. Ils le savaient bien les bourreaux, qui tenaient toujours, prés du lieu du supplice,  du vinaigre ou du vin drogué pour soulager les condamnées à mort. Comment  l’Eau-vive, peut-elle crier j’ai soif ? (Jn 4,15). Comment cela peut-il arriver à celui qui a dit : Celui qui a soif qu’il vienne à moi et qu’il boive ? (Jn 7,27) Nous retrouvons dans ce cri de Jésus, les cris du peuple sortant de l’Egypte : nous avons soif, nous sommes venus ici, dans le désert pour mourir ! Comment ne pas penser à la samaritaine qui prie Jésus de lui donner l’eau vive ? Et comment ne pas penser encore aux paroles du Maitre : j’ai eu soif et vous m’avez donné a boire ! (Mt 25,42). Cette parole est l’écho lointain des Psaumes 42, 3 et 62, 2 : Mon âme a soif du Dieu vivant… ou bien du livre de l’Apocalypse 22, 17: Qu’il vienne celui qui a soif boire gratuitement…Jésus a soif, soif de nous, soif de nos âmes, soif d’amour, soif de paix…C’est cette soif qui continue en nos soifs humaines.
 
 
Père pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font (Lc 23, 34)... Et pourtant il nous avait dit qu’il faut pardonner les ennemis et prier pour eux. Il passe de la parole à l’acte, Dieu ne peut se démentir ! Devant nos difficultés à pardonner, parfois des choses banales, des incompréhensions, cette parole de Jésus résonne comme un jugement sans appel. Comment espérer la miséricorde de Dieu si nous ne sommes pas capables de pardonner à nos semblables ? Comment se dire chrétiens si toute occasion est cause de haine et de rancune ? Du haut de la Croix au milieu des spasmes indescriptibles, Jésus nous donne la leçon du pardon et le Père par le sacrifice de la croix pourra dire à Adam : je te pardonne ! Je pardonnerai leurs fautes et ne me souviendrai plus de leurs péchés. (Hé 8,12) 
 
 
Tu seras avec moi au Paradis (Lc 23, 43)…Quelle chance, toi ami de la dernière heure, toi larron repentit. La promesse est maintenue, le seul mérite de ce larron, une petite phrase : souviens toi de moi, dans ce moment de désespoir général, devant une mort imminente, cette lueur d’espérance. Qui n’aspire pas au paradis ? Qui  ne désire cette récompense que Dieu donne à ses amis ? Avant encore de mourir dans ce regard de confiance, dans cette parole de consolation, dans l’immense tragédie de la croix, le paradis commence, car le paradis commence là où se trouve l’amour. 
 
 
Voici ton Fils….Voici ta Mère (Jn 19, 26-27)…Stabat, elle était là, debout ! Marie est présente, la Mère qui lui a donné la vie, qui l’a suivi est la aux pieds de la Croix. Et le disciple que Jésus aimait aussi, est la. Il a tout perdu, il a tout donné, il lui reste cette Mère souffrante, avec une âme percée par l’épée selon ce qu’à prédit Siméon. Et Jésus lui confie Jean, comme fils et demande à Jean de la prendre comme Mère.  C’est le moment où la maternité de Marie devient universelle, c’est le moment où Eve est remplacée, car sa maternité des origines nous avait conduit au péché, cette Mère nouvelle, Marie, nous offre le fruit de notre délivrance et de notre rédemption.

 
Entre tes mains je remets mon Esprit (Lc 23, 46)…Le psaume 31, 6 s’exprime exactement de cette manière : Entre tes mains je remets mon esprit, car c’est toi qui me délivres, Seigneur, Dieu fidèle. Certainement Jésus dans son agonie est lucide, il connait par cœur les écritures, il sait  ce qu’il faut citer, il s’exprime dans le bouleversement de ses sentiments. Le projet de ce Père qui a tant aimé le monde et qui a envoyé son Fils est enfin réalisé, l’heure est venue pour Jésus de faire retour au Père et de reprendre cette relation qu’il n’a jamais perdu. C’est le cri de la confiance absolue du Fils.

 
Mon Dieu Mon Dieu, pourquoi m’a tu abandonné ? (Mc 15, 34)….Jésus n’en peut plus ! Sa capacité d’endurance est à bout, la douleur au comble, le souffle manque. Sa prière se transforme en un cri : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Je gémis, le salut demeure loin de moi… Je suis un ver et non plus un homme, la honte des humains et le rebut du peuple…». (Ps 21) Comment comprendre ces parole de Jésus ; sont-elles les cris du désespéré, ou bien un ultime acte de confiance au milieu de la plus grande des épreuves ? Le Père qu’il aimait depuis l’éternité, s’est fait silencieux, à l’heure de la Croix.  Le Père qui l’a envoyé, pour cette heure, se tait. Maintenant, Jésus semble seul, seul avec sa douleur, seul devant l’échec de sa mission, seul dans une solitude terrible. Il ne sait plus s’il faut l’appeler Père…La croix garde cet aspect terrible et obscur, sommet de toute souffrance humaine, limite invisible entre la foi et le désespoir, douleur sans réponse du juste. Jésus exprime dans sa prière la question fondamentale de tout homme : où est Dieu devant nos souffrances et nos échecs ? La solidarité de Jésus à notre condition mortelle et limitée fraie le sentiment obscur d’être abandonné par Dieu et son cri devient le résumé de tous les cris d’angoisse de notre humanité.
 
 
Tout est accompli (Jn 19,30)….Enfin, tout est accompli ! Le Maitre l’avait dit, je ne suis pas venu pour abolir mais pour accomplir (Mt 5, 17). C’était à Nazareth à la synagogue qu’il avait dit pour la première fois, l’écriture s’est accomplie, mais maintenait l’accomplissement est total. Les prophètes attendaient ce jour, annoncé depuis la nuit des temps. La bataille avec les forces obscures du mal est définitivement vaincue. Et  saint Paul nous dira que la folie de Dieu se manifeste dans la croix du Christ : Oui, les folies de Dieu ont plus de sagesse que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les humains.(1Cor 1,25)

 
Comment vivre ce jour, alors ? C’est un jour à vivre dans la prière, le silence, le jeûne et la méditation. Se laisser entraîner par la puissance de l’amour de Dieu manifesté dans la Croix de Jésus. Cette Croix qui est folie pour ceux qui ne connaissent pas le Dieu de Jésus Christ, mais cette Croix qui est puissance de Dieu pour nous les croyants. Je n’aurai pas honte de porter ma croix, de faire le signe de la croix, de professer ma foi en Jésus le Sauver du Monde. Le Christ est mort pour tous, pour toi, pour moi. 

Sedicom

Vendredi 18 Avril 2014 - 13:13



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