Viande d’âne – Les vendeurs de «Forox caaya» se défendent: «Les Sénégalais nous regardent d'un mauvais oeil»



Viande d’âne – Les vendeurs de «Forox caaya» se défendent: «Les Sénégalais nous regardent d'un mauvais oeil»
Selon le directeur général de la Société de Gestion des Abattoirs du Sénégal (SOGAS), la viande d’âne n’est pas vendue dans les aires contrôlées par sa société. Dans un entretien avec Enquête, ce vendredi, il détaille le circuit de cette viande qui, soutient-il, est souvent mélangée à celle de bœuf. Et dans ce circuit, Talla Cissé liste la restauration rapide, les « forox caaya », les vendeurs au détail dans les marchés et les garages, etc.  Mis ainsi au banc des accusés, les «forox caaya» ruent dans les brancards.
Alassane Diallo vend de la «viande bien cuite au bol» à Grand-Dakar. Au micro de Pressafrik.com, il soutient que la vente de viande d’âne n’est pas quelque chose de nouveau sur les marchés. «On trouve dans les marchés n’importe quel genre de viande; il y a de la viande de porc, de bœuf, de mouton, de chèvre, etc…, et qui,  parfois même est interdite pour nous musulmans car ne respectant pas toutes les conditions  d’abattage», campe Alassane.
 
Le vendeur de dénoncer : «Les Sénégalais nous regarde d’un mauvais œil à chaque fois qu’on parle de viande impropre à la consommation sur le marché. Ils pensent que la viande que nous utilisons n’est pas de bonne qualité».
 
«Nous les vendeurs de «forox caaya», nous ne sommes pas sourds, on nous traite de tous les noms. Parfois ils disent que nous vendons de la viande de chien, d’autres pensent que c’est de la viande de singe. Mais nous sommes aussi des musulmans et nous avons appris le Coran, alors il y a de ces choses que nous n’imaginons même pas faire», martèle Alassane qui tout en vendant un sandwich à un client, ne manque pas montrer son bol rempli de viande. «C’est cette viande là que ma famille et moi mangeons tous les soirs, alors si c’était mauvais pour la santé je n’allais jamais la manger, ni la donner à mes enfants», scande-t-il.
 
Embouchant la même trompette, Hassan d’enfoncer le clou : «Il nous arrive d’utiliser de la viande de chèvre mais pas celle d’âne». Ce vieux vendeur de «forox caaya» assure toutefois que reconnaître la viande d’âne de celle des autres animaux vendus sur le marché, n’est pas du tout facile». 
 
Au marché Castor, des bouchers ont fini de prendre leurs précautions.  «La vente de la viande d’âne, c’est vraiment insensé. Les personnes qui le font, sont animées de mauvaise foi», déplore Mouhamed Ndiaye qui jure n’avoir jamais vu la viande d’âne. «Je n’ai jamais vu la viande d’âne de mes propres yeux pourtant je suis dans cette activité depuis des années», sert-il.  
 
Le jeune vendeur assure, devant son étal, que la viande qu’il vend tous les jours aux clients provient de fora. D’ailleurs, assure-t-il : «Pour plus de précaution, nous n’achetons pas un bœuf déjà abattu, mon grand frère, qui est chargé de l’achat, est très exigeant. Il achète un bœuf vivant pour ensuite l’amener à fora où ils vont l’abattre».

Mais, informe Mouhamed  «Heureusement, on est très contrôlé par des agents vétérinaires qui sont très exigeants. Ils demandent de voir le tampon sur la viande si celle-ci provient de fora et parfois même le papier fourni par un vétérinaire si la viande vient d’ailleurs. C’est pourquoi ici à Castor personne ne déroge aux règles établies». Le boucher ne rate pas «les Sénégalais aiment aussi la facilité parce qu’«il y a certaines de ces vendeuses de gargotes qui, au lieu de se déplacer jusqu’au marché et bien choisir une bonne qualité de viande, elles préfèrent commander à distance sans même savoir la provenance de celle-ci», se fâche-t-il.

La soixantaine, cette vendeuse qui a requis l’anonymat et qui est trouvée en plein travail, y va de son sermon : «Tout le monde sait que le prix de la viande tourne entre 2700 et 2800 F CFA, donc si quelqu’un achète un (1) kg de viande à 600 FR CFA, c’est évident que c’est une mauvaise qualité».
 
Et, se plaint-elle : «A cause de ces bavures, nous n’arrivons plus à écouler notre marchandise.  Nos clients nous posent de nombreuses questions avant d’acheter notre viande. Mais je ne les condamne pas, ils sont dans leurs droits car acheter de la viande d’âne, avec tous les risques de maladies que ça peut causer, c’est évident qu’ils puissent avoir peur».
 
Madame Fall en plein marchandage avec un vieux vendeur de viande, se dit «tranquille» par rapport à la psychose. «Si un client s’approvisionne chez son vendeur attitré, en qui il a toujours confiance, alors il ne doit pas être troublé par ces pratiques et c’est mon cas», formule-t-elle. 
 

Aminata Diouf(stagiaire)

Samedi 21 Mai 2016 - 10:30



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