Video : Des navires chinois en route pour les côtes somaliennes

Trois navires de la marine chinoise ont mis le cap sur les côtes somaliennes, au large desquelles les grandes puissances tentent d'enrayer la multiplication des actes de piraterie, et le Japon a fait savoir qu'il envisageait d'envoyer lui aussi des navires de guerre dans la région.



Les destroyers Haikou et Wuhan, parmi les bâtiments les plus perfectionnés de la flotte chinoise, et un navire de soutien ont quitté la province insulaire du Hainan, précise l'agence officielle Chine nouvelle, signe de l'implication croissante de Pékin dans les opérations militaires et la diplomatie internationales.

Quelque 800 membres d'équipage se trouvent à bord de ces navires, dont 70 soldats des forces spéciales, ajoute l'agence.

"Nous avons effectué une préparation spécifique pour faire face aux pirates, bien que ces eaux ne nous soient pas familières", a déclaré le contre-amiral Du Jingcheng, commandant de la mission, cité par Chine nouvelle.

Les forces spéciales devraient contribuer à mettre en fuite les pirates, l'un de ces soldats étant capable "de tenir en échec à mains nues à plusieurs ennemis", affirme Chine nouvelle.

"Notre objectif premier n'est pas de les frapper mais de les faire fuir", a expliqué Du. "Si les pirates menacent directement les bâtiments de guerre ou les vaisseaux que nous escortons, la flotte prendra des mesures de rétorsion."

La recrudescence des actes de piraterie dans le golfe d'Aden et dans l'océan Indien, près de la corne de l'Afrique, a fait de cette région essentielle au commerce maritime une des plus dangereuses au monde, propulsant à la hausse les primes d'assurance.

NAVIRES JAPONAIS?

Les pirates se sont emparés de dizaines de navires et ont obtenu des dizaines de millions de dollars de rançons en échange des bateaux ou des otages.

Le Japon a annoncé qu'il envisageait d'envoyer prochainement des navires de guerre dans la région, ce qui risque d'être un casse-tête pour Tokyo, dont la constitution pacifiste rédigée après la Seconde Guerre mondiale limite strictement les activités militaires à l'étranger.

Le Premier ministre nippon Taro Aso a ordonné au ministre de la Défense, Yasukazu Hamada, d'accélérer les consultations sur la manière d'agir contre les pirates, a déclaré un porte-parole gouvernemental.

Il s'agirait du premier déplacement de la marine japonaise dans la région. Les forces de défense nippones n'ont pas participé à des combats depuis la Seconde Guerre mondiale mais des soldats nippons ont participé à des tâches de reconstruction en Irak.

En cas de déploiement au large des côtes somaliennes, les navires japonais pourraient avoir à coopérer avec la Chine, pays où les blessures de l'invasion et de l'occupation partielle par le Japon, de 1931 à 1945, ne sont pas refermées.

Plusieurs grandes puissances, dont l'Union européenne, ont envoyé des bâtiments militaires et avions de surveillance pour tenter de mettre un frein aux attaques.

INFLUENCE CROISSANTE

Si la Chine a vu son influence et son poids économique grossir au cours des dernières années, ce qui l'a conduite à s'impliquer davantage dans des opérations de maintien de la paix de par le monde, elle continue de limiter l'envoi de troupes à l'étranger en invoquant la règle de non-ingérence.

Mais la mission en Somalie, qui vise à participer à l'effort international ainsi qu'à protéger ses ressources énergétiques, constitue pour Pékin une occasion d'accroître son rôle dans la sécurité du monde sans se heurter à l'hostilité de ses voisins et raviver les nombreux différends frontaliers.

"La Chine est désormais considérée comme une puissance régionale et un acteur majeur dans le domaine économique, avec une puissance économique croissante", a expliqué Wu Ray-kuo, spécialiste des risques politiques à l'Université Fu-Jen de Taipeh.

"Il y a aussi une responsabilité qui en découle, une responsabilité pas seulement en termes financiers mais aussi dans d'autres domaines comme la politique ou la sécurité."

La présence de navires chinois au large de la Somalie témoigne du renforcement rapide, bien qu'opaque, de la puissance militaire de Pékin.

"Pour une armée, la participation à ce type d'opération n'offre pas seulement un gain d'expérience dans la lutte contre les pirates", a écrit cette semaine le général Jin Yinan, directeur de l'institut de stratégie à l'Université de la Défense nationale.

"Il s'agit davantage d'améliorer sa capacité à conduire des missions dans des mers lointaines", a-t-il ajouté dans un texte publié par le Study Times, une publication hebdomadaire du Parti communiste chinois.


Source : Reuters et Video : France 24

Reuters et france 24

Vendredi 26 Décembre 2008 - 16:30



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