Violences en RDC: la grande inquiétude de la communauté internationale

La manifestation prévue hier, lundi 19 septembre, à Kinshasa par l'opposition pour donner demander le départ de Joseph Kabila à la fin de son mandat a dégénéré. L’objectif était de remettre un mémorandum à la commission électorale pour réclamer la convocation du scrutin dans les délais prévus par la constitution. Mais avant même de commencer, la manifestation a été dispersée brutalement et des affrontements violents ont eu lieu dans plusieurs quartiers entre forces de l'ordre et contestataires. Pouvoir et opposition se rejettent la responsabilité des heurts, qui ont fait 17 morts dont 3 policiers selon le ministre de l'Intérieur, plus de 50 morts selon l'opposition. Des violences unanimement condamnées par la communauté internationale.



Les Nations unies, l'Union européenne mais aussi les Etats-Unis, la Belgique et la France se disent « extrêmement préoccupés » par la situation en RDC et appellent toutes les parties à la retenue.
 
Le représentant de Ban Ki-moon en RDC appelle ainsi les autorités congolaises « à s'assurer que les forces de sécurité respectent les libertés fondamentales et n'utilisent que des moyens non-létaux pour contrôler les foules ». Maman Sidikou demande aussi « à toutes les dirigeants politiques et leurs partisans de s'abstenir de tout autre actes susceptible d'augmenter les tensions ». De son côté, la Monusco réclame une enquête complète sur ces violences.
 
Un calendrier électoral le plus rapidement possible
 
Des heurts dont l'origine, selon l'Union européenne, est claire. « Ces violences font suite à la non-convocation des élections présidentielles dans les délais constitutionnels » estime-t-elle dans un communiqué. Pour l'UE, il faut donc que le calendrier électoral soit connu au plus vite, et le report des élections présidentielles et législatives aussi court que possible.
 
« Ce qui compte c'est la date des élections », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault inquiet d'une situation « très dangereuse et extrêmement préoccupante », dans une conférence de presse en marge de l'assemblée générale de l'ONU. « Si elles sont reportées sans cesse, cela veut dire que Kabila a l'intention de rester au pouvoir, a ajouté Jean-Marc Ayrault. C'est une situation qui n'est pas acceptable.»
 
Même inquiétude du côté des organisations non gouvernementales comme Human Rights Watch. « On pense que la meilleure façon d'éviter encore plus de violence et de répression dans les prochains mois serait, pour le président Kabila et son gouvernement, de dire et montrer une volonté claire d'organiser des élections présidentielles dans les délais et de dire clairement que le président Kabila va quittr le pouvoir », explique à RFI Ida Sawyer, chercheuse à HRW et spécialiste de la RDC.
 
« Les faits de cette journée rappellent l'extrême urgence de parvenir à la conclusion d'un dialogue politique inclusif, dont les résultats sont respectueux des principes constitutionnels ainsi que de la résolution 2277 du Conseil de sécurité » souligne l'UE. Un dialogue réellement inclusif, c'est aussi ce que demandent les Etats-Unis qui se disent prêts à prendre de nouvelles sanctions ciblées contre les responsables de violences ou de répression.
 


Source: Rfi.fr


Mardi 20 Septembre 2016 - 10:17



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