Vives réactions après les propos de Nicolas Sarkozy sur l’immigration



 

« Pédagogie vulgaire », « phrases stigmatisantes », « nouveau sketch »... La gauche a vivement réagi vendredi 19 juin aux propos de Nicolas Sarkozy comparant la phénomène migratoire à une fuite d’eau. Lors d’une réunion avec des militants de son parti à L’Isle-Adam (Val-d’Oise) jeudi soir, le président du parti Les Républicains avait évoqué le plan de la Commission européenne qui prévoit une meilleure répartition des réfugiés entre les Etats membres de l’Union européenne (UE) pour soulager la Grèce et l’Italie, premiers pays concernés par l’afflux de migrants. Il avait alors comparé cet afflux à une explosion de canalisation mal gérée.
 

« Il n’y a plus d’argent, plus d’emplois, plus de logements, mais ils ont trouvé un truc (…), ils ont considéré que la solution au problème d’immigration, c’était pas de réduire, c’était de répartir », a-t-il expliqué en prenant une comparaison à titre d’exemple : « Dans une maison (…), il y a une canalisation qui explose, elle se déverse dans la cuisine. Le réparateur arrive et dit j’ai une solution : on va garder la moitié pour la cuisine, mettre un quart dans le salon, un quart dans la chambre des parents et si ça ne suffit pas il reste la chambre des enfants».


« Pédagogie vulgaire »
Si la comparaison a beaucoup fait rire les militants présents dans l’assistance, elle a suscité de nombreuses réactions dans une partie de la classe politique. Depuis Bratislava, en Slovaquie, où le président de la République assistait, vendredi 19 juin, au sommet du groupe de Visegrad, François Hollande a estimé que « quand il s'agit de personnes, d'êtres humains, quand il s'agit de sujets aussi graves, il faut les aborder avec gravité et donc avec maîtrise».  Le chef de l’Etat, tout comme ses homologues hongrois, polonais, tchèque et slovaque, a réaffirmé très fermement son opposition à la solution de « quotas » proposée par la Commission européenne. « Ce n'est pas la bonne méthode, a plaidé M. Hollande. La bonne méthode, c'est une politique globale, une solidarité, un engagement des pays, pas la contrainte».

 
Le premier ministre, Manuel Valls, a déclaré vendredi au Bourget que « la vie politique [méritait] mieux que ces phrases stigmatisantes et qui ne sont pas au niveau ». « Si nous voulons redonner confiance à nos compatriotes dans l’action, la parole publique, nous devons être bien sûr les uns et les autres, moi le premier, exemplaires dans l’attitude, dans les mots que nous utilisons, en faisant en sorte qu’on ne divise pas ». Invité d’i-Télé vendredi matin, Jean-Marie Le Guen a pour sa part dénoncé « un manque de respect pour les personnes concernées mais aussi pour les Français ». Le secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement a ajouté qu’« il n’y [avait] pas besoin d’avoir accès à ce type de pédagogie vulgaire ».
 

« Une fuite de cerveau »
Les réactions se sont également multipliées sur Twitter. Bruno Le Roux, chef de file des députés PS, Jean-Luc Mélenchon, cofondateur du Parti de gauche, ou encore Olivier Faure, porte-parole du PS, ont tour à tour commenté les propos de l’ancien président de la République. Le centre a également réagi par l’intermédiaire du député de Seine-et-Marne Yves Jégo, qui a appelé sur Sud Radio à « élever le débat » : « On ne peut pas traiter les migrants n’importe comment pour se faire applaudir en meeting».  Le 27 mai dernier, la Commission européenne avait présenté son plan global sur l’immigration et invité entre autres les Etats de l’UE à se partager la prise en charge de 40 000 demandeurs d’asile originaires de Syrie et d’Erythrée arrivés en Italie et en Grèce depuis le 15 avril.


La France serait censée en accueillir 4 051 venant d’Italie et 2 701 venant de Grèce. Paris devrait également accueillir 2 375 des 20 000 réfugiés reconnus par les Nations unies, qui demandent pour eux une protection internationale.
Lemonde.fr
 



Vendredi 19 Juin 2015 - 14:31



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