Vous vous trompez Monsieur le Président,



Vous vous trompez Monsieur le Président,
Vous vous trompez Monsieur le Président lorsque vous engagez le combat du développement communautaire tous azimuts. Mais qui vous conseille donc cela ? Penser pourvoir avec nos moyens apporter l’électricité, l’eau et les voies d’accès à tous relève à tout le moins du rêve ou de programmes populistes ? C’est du reste la même analyse qui prévaut quant à vos fameuses bourses familiales, ces primes à l’inaction et à la pauvreté. Monsieur le Président, osons affronter le taureau par les cornes et sortons du rêve éveillé car le véritable réveil peut être douloureux pour tous. Ayons enfin notre propre vision du développement et arrêtons ces copiés-collés devenus trop fréquents dans les programmes qui nous sont proposés.


Relever l’indice de développement humain est bien possible au Sénégal, c’est ma conviction et cela dans un délai très raisonnable à l’échelle humaine. Le caractère budgétivore, peu efficient et non planifié du PUDC nous conduira malheureusement vers les mêmes désillusions qu’avec vos prédécesseurs socialistes.

 
Vous vous trompez Monsieur le Président lorsque vous soutenez le Premier Ministre Grecque, Monsieur TSIPRAS dans son combat contre des moulins à vent. En effet le seul mérite qu’a cet homme est d’être parmi ceux qui ont encore un idéal. Son malheur cependant est de s’accrocher à un extrémisme gauchiste naïf, populiste et particulièrement dangereux pour son peuple. Sa pirouette actuelle renvoie seulement la « patate chaude » c'est-à-dire la décision d’accepter les conditions de remboursement à son peuple qui ne peut juger objectivement la situation. En d’autres termes, il veut sauver « sa peau » avant l’heure des comptes, mais il faudra bien qu’il explique pourquoi il a théorisé l’impossible voire le farfelu pendant sa campagne électorale.


Quand on emprunte, que l’on n’est pas conséquent avec soi-même et que l’on est surendetté on n’a d’autre choix que d’être sous tutelle ! Je saisis l’occasion pour vous dire Monsieur le Président qu’il n’y a pas de quoi pavoiser quand nous sommes sous ISPE. Ce n’est nullement à notre avantage d’en faire référence dans les discours car cela consacre notre incapacité à nous gérer comme des grands, comme un pays Souverain !
 

Vous vous trompez Monsieur le Président lorsque vous jetez la pierre aux occidentaux et en particulier au FMI. Bien sûr leurs solutions ne sont pas la panacée et le Plan d’Ajustement Structurel nous l’a démontré à souhait. D’une manière générale, les institutions de Bretton Woods multiplient les programmes dont les résultats sont souvent loin d’être atteints voire même totalement foireux en Afrique tout au moins (OMD, PDEF, PDIS, etc.). Est-ce parce qu’ils ne sont pas équitables avec nous ? Eh bien non Monsieur le Président, et Il est même injuste de toujours faire de l’occident et du FMI le bouc émissaire porteur de nos souffrances.


Il faut que vous acceptiez de porter votre part de responsabilité et celle de vos prédécesseurs car l’on ne peut accuser de méchancetés quelqu’un qui réclame ses biens. Le FMI est un prêteur ne l’oublions pas. S’il y a faute donc, osons pointer du doigt nos dirigeants et leur impéritie :absence de clairvoyance, gestion à courte vue, absence de générosité vis-à-vis de leur peuple et nombreux errements… le tout sans rendre compte.
 

Il est donc temps d’arrêter ce discours suranné qui n’emballe plus personne. Nous devons simplement être plus exigeants envers nous-mêmes et envers ceux qui nous dirigent.
 
Bruno d’ERNEVILLE
Président du PACT


Mercredi 8 Juillet 2015 - 18:54



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