Wade "fusille" les frondeurs, Pape Diop et Mamadou Seck et déballe

A 86 ans, le Pape du Sopi a perdu le pouvoir, mais pas sa langue. Quelques heures après le point de presse de Pape Diop, le Président du Sénégal, et de sa bande de la coalition «Bokk Guiss-guiss», Me Abdoulaye Wade, secrétaire général national du Pds, a reçu des jeunes de son parti dans sa retraite de Fann-Résidence (Dakar). Une occasion en or pour l’ancien Président de commenter l’actualité brûlante du microcosme libéral. De balancer surtout ses «vérités» à ces jeunes avec qui l’homme politique au long cours a taillé bavette de 19 heures à 20 heures : «Je ne sais pas ce qu’il veut (Pape Diop).



Wade "fusille" les frondeurs, Pape Diop et Mamadou Seck et déballe
Quand il m’a dit qu’il voulait être la tête de liste du Parti pour les élections législatives, je lui ai dit qu’il pouvait l’être. Mais qu’il allait se faire ridiculiser.» Nos sources qui ont pris part à la rencontre rapportent que Me Wade dit avoir expliqué vertement à Pape Diop le caractère grotesque de ses menées actuelles : «Tu as déjà été président de l’Assemblée nationale, tu es aujourd’hui président du Sénat, ne pense-pas un instant que tu seras président de l’Assemblée nationale si tu es élu député. Tu ne seras même pas un président de commission. Tu risques d’être un simple député à l’Assemblée.» Ce qui, à ses yeux, est dégradant pour l’ancien garde-sous de sa campagne du premier tour de l’élection présidentielle de février dernier. «Mais si tu veux, vas-y», a-t-il conclu avec Pape Diop.

A sa grande surprise, raconte Me Wade à ses ouailles, quelques jours après, il a entendu Pape Diop dire publiquement qu’il va déposer sa liste aux Législatives. «Je ne sais vraiment pas ce qu’il veut, s’étonne Me Wade. Finalement, cela ressemble à une transhumance par voie de contournement.»

«Pape Diop a toujours défendu et parrainé Karim Wade»

Lancé dans une ses diatribes qui nourrissent sa légende de «bête politique», Me Wade qualifie de «fallacieux» les arguments avancés par  «Bokk Guiss-guiss»  pour organiser la fronde. Sur les listes des élections législatives, il promet qu’il n’y aura que des militants du Parti démocratique sénégalais. «La Génération du concret (Gc) n’était qu’un mouvement au sein du Pds et c’est fini depuis longtemps. Même Karim Wade ne sera pas sur les listes. Qu’est-ce qu’ils veulent  d’autre ?», se demande Wade.

Et à propos de la dévolution monarchique du pouvoir, Me Wade trouve que ce n’est pas courageux de parler encore de ça. Surtout venant de Pape Diop. «Il a toujours défendu et parrainé Karim Wade. Il me disait toujours que c’est injuste de traiter Karim Wade de la sorte (de le tenir à l’écart de la gestion de l’Etat, Ndlr), simplement parce que c’est ton fils. Alors qu’il est ton héritier naturel. (…) Même quand Karim voulait quelque chose de moi, il passait parfois par lui. Et je lui ai toujours dit : «Je ne suis pas dans cette perspective.»

Aujourd’hui, il ne doit pas brandir cet argument. Il sait qu’après les élections, je vais organiser les renouvellements et un congrès. Et je suis sûr que c’est lui qui allait être désigné secrétaire général national du Pds. Qu’est-ce qu’il veut d’autre», s’interroge Me Wade. Une énième fois.

«Mamadou Seck travaille déjà pour Macky»

Toujours dans ses explications, Me Wade est revenu sur son différend avec Mamadou Seck, président de l’Assemblée nationale. Il a confié à ses proches qu’il n’a pas compris la démarche de Mamadou Seck. Volontairement généreux dans ses confidences, l’ancien Président révèle : «Quand Macky Sall l’a (Mamadou Seck) appelé pour discuter du report des Législatives, il est parti sans m’avertir, moi le responsable du parti le plus important de l’opposition. Quand il est revenu me rendre compte, alors que j’avais déjà soutenu que Macky devait respecter le calendrier électoral, je lui ai dit d’aller dire à Macky qu’on ne peut pas reculer les Législatives jusqu’en juillet, parce qu’on risque de se retrouver en période hivernale.

Et avec la pluie, certaines personnes ne pourront pas voter dans certains localités, on peut aussi avoir des difficultés pour battre campagne dans certaines localités. Et vous savez quoi, il (Mamadou Seck) a pris la défense de Macky, en me répondant que Macky ne va pas accepter que les Législatives se tiennent à la date prévue. Je lui ai alors demandé de quel camp il est, s’il était dans l’opposition ou dans la mouvance présidentielle. Apparemment, il n’a pas apprécié ce que je lui ai dit. Mais soit…», explique Wade.  

Source « L’Observateur »



Samedi 21 Avril 2012 - 12:00



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