Younes Houass, l'un des trois maîtres-chanteurs présumés de l'affaire de la sextape de Mathieu Valbuena, parle pour la première fois

Karim Benzema et Djibril Cissé doivent être fixés vendredi sur leur avenir judiciaire dans cette affaire, comme les trois hommes soupçonnés de chantage



A 24 heures de l'ouverture du procès de l'affaire dite "de la sextape", son témoignage donne une idée de la complexité du feuilleton, entamé en juin 2015. L'un des trois maîtres-chanteurs présumés de l'affaire, Younes Houass, soupçonné d'avoir réclamé de l'argent en échange d'une vidéo intime de Mathieu Valbuena.

"À aucun moment dans cette affaire je n'ai demandé de l'argent", assure Younes Houass face aux caméras de RMC Sport, dans une interview diffusée jeudi 15 décembre, visible en tête d'article. L'homme assure avoir informé en juin 2015 Mathieu Valbuena, simplement par altruisme, que la vidéo circulait. "Je parlais à quelqu'un de dépassé par les événements, qui ne se rendait pas compte de ce qui se passait. Je lui ai donné des conseils et je lui ai parlé de mandater quelqu'un", confie-t-il.

L'international français a déposé plainte après cet appel. Une longue négociation avait alors commencé entre un policier sous couverture, qui se faisait passer pour un homme de confiance de Valbuena, et l'escroc présumé, nourrie d'appels téléphoniques répétés, certains à l'initiative de l'enquêteur.

À ce moment-là, l'homme dit vouloir "arrêter cette histoire là". Mais "le policier me demande de rester dans la boucle, il fait une proposition à hauteur de 18.000 euros. Ma réponse dans l'instant est très claire: 'mais ça ne va pas, il ne faut pas leur donner ça'", continue le jeune homme, lui-même sollicité par d'autres maîtres-chanteurs. Il dit refuser l'offre, se positionnant en entremetteur et pas non en escroc.

Le procédé du policier jugé déloyal
L'affaire de la tentative de chantage à la sex-tape avait éclaté à l'automne 2015, lorsque le footballeur Karim Benzema avait été mis en examen, soupçonné d'avoir servi d'intermédiaire entre les maîtres-chanteurs et Mathieu Valbuena.

Entendu début novembre 2015 par la police judiciaire de Versailles, l'attaquant du Real Madrid devait s'expliquer sur son intervention auprès de son coéquipier des Bleus, afin qu'il négocie avec son ami d'enfance Karim Zenati, lui-même approché par les trois maîtres-chanteurs présumés. "Je devais servir d'intermédiaire et faciliter la mise en rapport entre Mathieu et Karim Zenati", avait-il alors reconnu.

Vendredi, la justice doit se prononcer sur l'annulation de l'enquête demandée par les suspects, dont Karim Benzema. Ils mettent en cause le procédé policier utilisé par l'enquêteur sous couverture, qui s'est fait passer pour un homme de confiance de Valbuena, qu'ils jugent déloyal. Les suspects réclament l'annulation des écoutes et, par extension, de l'ensemble de la procédure, alors que l'accusation réclame sa validation et la mise en examen de Djibril Cissé, jusqu'alors épargné.

Mis au courant de l'existence d'une vidéo intime, Cissé avait prévenu Valbuena dès mai 2015 de "murmures" quant à sa circulation et, lui-même victime d'une tentative de chantage en 2008, il lui avait dit avoir réglé son propre problème en payant. L'ex-attaquant d'Auxerre, Marseille et Liverpool avait été placé en garde à vue en octobre 2015, mais en était ressorti sans faire l'objet de poursuites.

Djibril Cissé "bienveillant" selon Mathieu Valbuena
"Des éléments médiatiques laissent perplexes quant à la bienveillance de Cissé à l'égard de Valbuena", estime désormais le parquet général. Valbuena, selon son avocat, considère de son côté que "l'intervention de Cissé lui paraissait bienveillante par rapport à celle de Karim Benzema".

Karim Benzema, les trois cerveaux présumés du chantage et le corbeau, Younès Houass, ont tous été mis en examen pour tentative de chantage, complicité et participation à une association de malfaiteurs. Seul l'un des trois cerveaux présumés n'a pas présenté la requête en annulation.

Si la cour d'appel de Versailles valide vendredi la procédure, le dossier pourrait, le cas échéant, être jugé devant un tribunal correctionnel à l'horizon 2017.

huffingtonpost.fr

Jeudi 15 Décembre 2016 - 10:32



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