Zimbabwe: le camp Mugabe revendique la victoire, l'opposition répète ses accusations de fraudes

Le dépouillement des bulletins de vote de l'élection présidentielle est désormais achevé. Le camp du Premier ministre et opposant Morgan Tsvangirai répète ses accusations de fraudes massives et flagrantes. Un responsable de son parti politique appelle à la résistance passive, à paralyser complètement le pays, à ne plus payer ses factures ni travailler... à mettre tout simplement le pays à l'arrêt. Alors que le camp du président Robert Mugabe a déjà revendiqué sa victoire en attendant la publication des résultats officiels.



Dans un bureau de vote à Domboshawa, à environ 45 kilomètres de la capitale Harare, le 31 juillet 2013.
Dans un bureau de vote à Domboshawa, à environ 45 kilomètres de la capitale Harare, le 31 juillet 2013.
La commission électorale a cinq jours après la fermeture des bureaux de vote pour proclamer les résultats. Donc officiellement pour l’instant, rien n’est joué. Mais plusieurs sources, dont des responsables du MDC, affirment que le parti du Premier ministre est en très net recul, y compris dans des villes ou des régions réputées comme ses fiefs. Dans la province du Manicaland, la délégation du MDC serait passée de 20 sièges sur 26 à 4 sièges seulement. Un exemple parmi d’autres. Plusieurs figures du parti annoncent également avoir perdu leurs sièges à l’Assemblée. Et pour eux, une chose est sûre, c’est le résultat d’une fraude massive.
Pour l’instant, seul le Réseau zimbabwéen de soutien au processus électoral, l’une des principales ONG locales, considère, comme le Premier ministre Morgan Tsvangirai, que les élections ont été sérieusement compromises. Ce réseau disposait tout de même de quelque 7 000 observateurs à travers tout le pays. Selon l'ONG Zimbabwe Election Support Network (ZESN), il n’y a pas eu de problèmes avec les bulletins ou même dans le fonctionnement des bureaux de vote, mais plutôt une intimidation à grande échelle des électeurs et notamment dans les villes ou des régions réputées proches de Morgan Tsvangirai. Un million d’électeurs sur six aurait ainsi été empêchés de voter.
D’autres analystes politiques évoquent, eux, des problèmes liés à la liste électorale. Ils soulignent que, par rapport au dernier recensement de la population, trop peu de jeunes figurent sur cette liste.
Soupçons de fraudes : à Tsvangirai d'en apporter les preuves
Le chef de la mission d’observation de l’Union africaine, Olusegun Obasanjo, avait affirmé mercredi, juste après la clôture des bureaux de vote, que les élections avaient été « pacifiques, ordonnées, libres et honnêtes ». Une déclaration prématurée, selon l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW).
La mission d’observation de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), l’organisation sous-régionale, devrait, elle, donner ses conclusions ce vendredi. Mais le président sud-africain Jacob Zuma, qui est médiateur dans la crise zimbabwéenne, a déclaré que si fraude il y avait, Morgan Tsvangirai devait en apporter la preuve et il a salué en revanche le calme dans lequel s’est déroulé le scrutin.

Source : Rfi.fr

Dépéche

Vendredi 2 Août 2013 - 10:20



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