Une forte déflagration a soufflé plusieurs maisons du quartier Larlé de Ouagadougou, faisant des morts et des blessés, selon des témoins que nous avons rencontrés sur place.



Combien y a-t-il eu de victimes? Au moment de notre passage sur les lieux, les sapeurs-pompiers, affairés à fouiller les décombres de la cour où s’est produite l’explosion, refusaient de se prononcer. Tout juste avons-nous pu  apercevoir un corps immobile recouvert d’un pagne. Des habitants avec qui nous avons pu échanger avançaient le chiffre de 4 morts, d’autres disent qu’il y en a plus, soutenant qu’une famille entière était toujours enfouie sous les décombres. Plus tard, nous avons vu un des «soldats du feu» écrire sur un tableau: nombre de victimes = plus de 55, avant d’effacer rapidement, peut-être en se voyant observé par des journalistes. S’agissait-il du nombre de morts et de blessés ? La seule certitude est que tout n’était que désolation dans le pâté de maisons situé du côté nord de la résidence du Larlé Naaba, non loin de l’hôtel Yamba. Ce n’est pas la maison du Larlé naaba qui a explosé, comme le laissait entendre la rumeur qui courrait en fin d’après midi de ce 15 juillet 2014, même si une partie de sa résidence a subi des dommages. Les dégâts touchaient surtout le lot d’habitations situées du côté nord de sa résidence. A des centaines de mètres à la ronde, les dégâts engendrés par le souffle de l’explosion étaient visibles: toits décoiffés, gravats jonchant le bitume, vitres en morceaux. Le secteur étaient quadrillé par des gendarmes armés en gilets pare-balles, des éléments de l’Unité d’intervention polyvalente de la police, etc. Assis dos au mur de la résidence du chef traditionnel, des victimes en sang, couvertes de poussière, recevant les premiers soins à même le sol, avant d’être évacuées dans les ambulances qui ne cessaient d’effectuer d’incessants aller-retour entre les lieux du drame et les centres de santé. Dans la cour où s’est produite l’explosion, des journalistes, autorisés dans un premier temps à y pénétrer avant d’en être chassés, ont pu voir un grand cratère. C’est vers 18h que l’explosion a eu lieu. Elle a été ressentie dans des quartiers situés à plusieurs kilomètres du lieu du drame comme Kamsonghin, où l’immeuble abritant Fasozine  par exemple a vibré. Joseph Ouédraogo, un habitant d’une des cours qui ont volé en éclat témoigne : «J’ai entendu l’explosion au loin, mais j’ai cru que c’était la foudre. Puis, quelqu’un est venu crier que des maisons avaient été soufflées par une explosion vers là où j’habitais. Je me suis précipité à la maison et à hauteur des rails, j’ai vu que les gens étaient en train de fuir. Je me suis faufilé jusqu’à la maison pour savoir ce qui se passe. Je suis arrivé dans la cour et j’ai demandé ce qui s’est passé. J’ai été soulagé en voyant qu’aucun de mes enfants, ni ceux de mon grand frère qui sont là pour les vacances, n’ont été blessés. Malheureusement, la femme de mon voisin y est restée et son mari a été gravement blessé. Il n’y a plus rien à prendre dans ce qui reste de ma maison. Mais je rends grâce à Dieu pour le fait que les enfants ont eu la vie sauve. D’habitude, ils se rassemblent tous dans la maison pour suivre la télé. Mais vu que mon abonnement est fini, ils étaient tous devant la concession, avec leur maman». Pour l’instant, on ne connait pas l’origine de la déflagration. Attentat? Accident? Les commentaires allaient bon train. Mais vu les dégâts et l’absence d’incendie, «il doit s’agir de quelque chose de gros qui est à la base. Il y a au moins 7 maisons, dont un bâtiment à étages, qui sont complètement détruites», soutient Joseph Ouédraogo. Au moment où nous tracions ces lignes, les fouilles se poursuivaient. Selon le tableau des sapeurs-pompiers dont nous parlions tantôt, cinq ambulances effectuaient les rotations. Nous y reviendrons. Désiré T. Sawadogo (Fasozine)

Jean Louis DJIBA

Mercredi 16 Juillet 2014 - 02:14



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