collectifs des élèves et étudiants de l’arrondissement de Lorma et Sara Bédji

Le procès de neuf policiers accusés du meurtre d'un chauffeur de taxi mozambicain, Mido Macia, en février 2013 s’est ouvert cette semaine en Afrique du Sud. Ces officiers ont été arrêtés suite à la diffusion en février 2013 d'une vidéo montrant un homme traîné derrière un fourgon de police à travers les rues du township de Daveyton. L'affaire avait fait grand bruit à l'époque, mais le procès des policiers avait été maintes fois repoussé.



Mouvement de colère près du poste de police de Daveyton, en Afrique du Sud, le 28 février 2013 après la mort du chauffeur de taxi mozambicain. REUTERS/Stringer
Mouvement de colère près du poste de police de Daveyton, en Afrique du Sud, le 28 février 2013 après la mort du chauffeur de taxi mozambicain. REUTERS/Stringer

Le procès de ces officiers accusés de meurtre soulève les questions sensibles desviolences policières  et de la xénophobie en Afrique du Sud. En février 2013, Mido Macia  est interpellé pour avoir garé sa voiture en double file et créé un embouteillage. Le jeune Mozambicain est ensuite menotté avant d'être traîné à l'arrière de la fourgonnette de la police. Mido Macia est retrouvé mort dans la cellule du commissariat local, baignant dans son sang et vêtu uniquement de son caleçon et de ses chaussettes.

Les neuf policiers qui se partagent aujourd’hui le banc des accusés plaident non coupables du meurtre du chauffeur de taxi mozambicain. Ils assurent que celui-ci n'a pas été menotté au véhicule, mais qu'il est tombé accidentellement du fourgon, auquel il serait resté accroché. Arrivé au commissariat, il aurait même retiré son pantalon lui-même. Les policiers affirment surtout que Mido Macia était très nerveux lors de son arrestation et qu'il aurait saisi l'arme d'un des policiers avant d'être maîtrisé.

Mais leur version des événements est mise en cause par les témoins de l'accusation. Selon eux, les policiers auraient demandé à Mido Macia s'il était étranger ou sud-africain avant de l'attacher. Ils l'auraient également giflé et violenté à son arrivée au poste de police. L'enquête interne de la police a également révélé qu'aucune déposition n'avait été enregistrée ce soir-là, le nom de Mido Macia n'apparaissant dans aucun registre du commissariat, ce qui représente une infraction. Le chauffeur de taxi n'aurait donc pas dû, légalement, être placé en cellule ce soir-là.

Le médecin légiste appelé à témoigner pour l'accusation a également estimé que le jeune homme aurait pu être sauvé si les policiers avaient appelé une ambulance dès son arrivée au poste de police. Le procès devrait durer encore deux ou trois semaines avant le verdict.


Rfi

Dimanche 2 Août 2015 - 06:21



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