pour la majorité, pas de dépénalisation des délits de presse

Cela fait cinq ans que le projet d’un nouveau code de la presse au Sénégal est sur le bureau de l’Assemblée nationale sans jamais avoir été soumis au vote. La semaine dernière, la Fédération internationale des journalistes et la Fédération des journalistes africains interpellaient le Parlement du Sénégal pour que son adoption soit prévue. Le texte, qui doit assainir tout le secteur, prévoit également la dépénalisation des délits de presse. Mais hier, lundi 31 mars, le groupe majoritaire à l’Assemblée nationale s’y est refusé.



Journaux au Sénégal. Reuters/Youssef Boudlal
Journaux au Sénégal. Reuters/Youssef Boudlal

C’est ce qu’on appelle une fin de non-recevoir et le communiqué de Benno Bokk Yakaar est on ne peut plus clair : « Enlever le caractère pénal des infractions au bénéfice des seuls journalistes reviendrait à engendrer d’inacceptables inégalités des citoyens devant la loi », peut-on lire. La dépénalisation n’est donc pas « envisageable » pour Moustapha Diakhaté, le président du groupe majoritaire à l’Assemblée nationale. « On n’a de leçon à recevoir de personne pour ce qui est de la liberté de presse au Sénégal et ce n’est pas à ces organisations de nous dire ce qu’on doit faire, s’est exclamé le député. L’insulte et la diffamation, ce ne sont pas des opinions, elles doivent être punies par la loi. »

Cette réaction suscite l’incompréhension du Synpics. Aly Fall, le porte-parole du syndicat des professionnels de l’information rappelle que le nouveau code de la presse ne prône pas l’impunité pour les journalistes puisque le texte prévoit de fortes amendes.

Paravent

« Ce qu’on dit simplement, c’est qu’il ne sert à rien de mettre un journaliste en prison. D’autres pays en Afrique l’ont fait, pourquoi pas nous », s’interroge le syndicaliste du Synpics.Aujourd’hui, nous nous demandons si le président Macky Sall, qui s’était pourtant personnellement engagé, n’est pas en train de se servir des députés comme paravent. Qu’il demande à sa majorité de voter le texte s’il en a la volonté politique. Il n’est pas trop tard », termine-t-il.

Source : Rfi.fr
 


Dépêche

Mardi 1 Avril 2014 - 10:24



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