un charnier à Bangui



un charnier à Bangui

Une trentaine de corps découverts sur une colline surplombant le centre ville de la capitale centrafricaine. Et, comme souvent en pareille cas, la propagande, sans délai, s’en empare. C’est ainsi que l’information est déjà commentée au Tchad voisin, où, sans attendre, Alwihda  n’hésite pas à en dénoncer les coupables : « les anti-balakas pointés du doigt », accuse le site tchadien d’informations en ligne. Plus rapide que la justice, laquelle, rappelons-le, a été saisie, Alwihdarehausse même à « une cinquantaine » le nombre de cadavres découverts dans ce charnier  - alors qu’il s’agit, répétons-le, d’une trentaine de corps. Sans le moindre début de preuve, le site Internet affirme qu’il s’agit de « ressortissants étrangers vivant à Bangui » et donne la parole à un certain Jean-Claude, Camerounais, on n’en saura pas plus, qui affirme que ce sont bien les « anti-balaka » qui sont les auteurs de ce massacre.

Info ou intox ? Loin de nous l’intention de jouer les Maîtres Jacques. Mais l’information est tellement grave qu’il convient de faire preuve de la plus grande prudence dans cette affaire.
 

Pour compléter le dossier, on retiendra ce matin que Le JournaldeBangui.com  affirme qu’« environ trente personnes auraient été tuées dans l'attaque des milices anti-balakas contre un convoi de ressortissants tchadiens qui quittaient Bangui, mardi 24 décembre, en raison de l'hostilité manifestée par une frange de la population centrafricaine à l'égard des forces tchadiennes présentes dans le pays et accusées de complicité avec les ex-rebelles de la Séléka (au pouvoir), et avec la communauté tchadienne », énonce le journal centrafricain en ligne, qui cite une source sécuritaire anonyme. Le journaldebangui.com ajoute que ces violences « auraient eu lieu dans les quartiers Miskine, Fouh et Gobongo au nord de la capitale centrafricaine où des affrontements ont aussi opposé les ex-rebelles de la Seleka et les groupes d'autodéfense villageois anti-balakas (anti-machettes) hostiles au pouvoir de Michel Djotodia, a reconnu le colonel ».
 

En tout cas, à Bangui, la peur « règne sur la ville » ; et même la « psychose », énonce le journal Le Monde. Dans les colonnes du quotidien du soir, les deux principaux chefs religieux des communautés chrétienne et musulmane du pays, l’archevêque de Bangui, Monseigneur Dieudonné Nzapalainga et le président de la communauté islamique, l’Imam Omar Kobine Layama, lancent ensemble un cri d’alarme face au danger « d’effroyables représailles contre des musulmans qui se retrouvent dans une situation précaire et sont susceptibles d’être visés par des actes de vengeance ». Les deux hommes de Dieu réclament l’envoi d’une « force onusienne de maintien de la paix » en République centrafricaine.
 

Soudan du Sud : dialogue de sourds

Au Soudan du Sud, une médiation a été menée par le président du Kenya et le premier ministre. Pour l’instant en vain. Il s’agissait d’un « premier round  de discussions ; lesquelles sont sensées continuer dans les jours à venir », affirme Sudan Tribune.
 

Ont-elles une chance d’aboutir ? Au Burkina-Faso, le journal Le Pays a comme un doute. «Sans vouloir jouer les Cassandres, il faut dire tout de suite que la condition posée par le chef rebelle risque d’être jugée irrecevable par le camp adverse », prédit le quotidien. Car « à moins d’encourager une remise en cause de l’ordre constitutionnel par la force, l’on voit mal la communauté internationale entériner la démarche de Riek Machar en poussant vers la sortie Salva Kiir qui bénéficie, quoi qu’on puisse dire, d’une légitimité qu’il détient du peuple souverain du Soudan du Sud », souligne d’abord le journal ouagalais.
 

En second lieu, Le Pays  rappelle que Salva Kiir « n’est pas un imposteur. Il a su, aux cotés du chef historique, le colonel John Garang, guerroyer contre d’abord l’armée de Djafar al Nimayre, puis contre celle du général el-Béchir pour finalement arracher, si l’on peut ainsi dire, l’indépendance du Soudan du Sud au bout du fusil. Cette double légitimité fait de lui un acteur majeur de la scène politique du Soudan du Sud, qu’on ne peut pas facilement jeter comme un kleenex », maintient le quotidien burkinabè.


rfi.fr

Vendredi 27 Décembre 2013 - 10:39



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