​Afrique du Sud: une journée décisive pour Jacob Zuma

En Afrique du Sud, c’est une journée décisive pour le président Jacob Zuma ce 2 novembre. Depuis mardi 1er novembre, ses avocats se battent pour bloquer la publication d'un rapport qui pourrait être compromettant pour le chef de l'Etat. Une enquête de l'ex-médiatrice de la République, « madame anti-corruption », sur les liens entre le président et une riche famille d'hommes d'affaires, les Gupta, accusée d'ingérence dans les affaires de l'Etat. L'affaire est devant la Haute Cour de Pretoria qui depuis mardi a commencé à examiner un recours d'urgence déposé par le chef de l'Etat.



Toute la journée de mardi, les avocats de Jacob Zuma se sont battus pour convaincre la cour : le rapport de l'ex-médiatrice sur les liens présumés du chef de l'Etat avec la famille Gupta ne doit pas être rendu public.
 
Ses avocats sont catégoriques, ils n'ont pas eu le temps de contacter les témoins cités dans le rapport et de préparer leur défense. Ils demandent que la publication du document soit reportée. Dans la salle du tribunal, quatre partis d'opposition, plus la société civile, qui ont également saisi la justice mais pour obtenir la diffusion de ce document. « C'est une tactique typique de Jacob Zuma pour gagner du temps, explique Zwelinzima Vavi de la société civile, parce qu'il sait que ce rapport n'est pas bon pour lui. Il a déposé un recours d'urgence et si on lui en donne l'opportunité, il va traîner cette affaire devant la Cour suprême, la Cour constitutionnelle, jusqu'à l'année prochaine. »
 
Pour Mmusi Maimane, leader du principal parti d'opposition le rapport doit être publié dans l'intérêt du public : « Nous estimons que les citoyens sud-africains ont le droit de connaître la vérité sur la mainmise sur l'Etat. C'est une opportunité pour obtenir ce document et faire en sorte, si besoin est, que ceux qui sont responsables soient punis pour leurs actes. »
 
La Haute Cour de Pretoria doit encore entendre les différents plaignants ce mercredi, après quoi elle devra trancher. Entre temps, ce rapport se trouve dans un coffre-fort dans le bureau de la nouvelle médiatrice de la République, nommée il y a un mois par le chef de l'Etat.

Rfi.fr

Mercredi 2 Novembre 2016 - 07:34



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