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​Bulgarie: échauffourées dans un camp de migrants

Deux cents (200) migrants arrêtés et 14 policiers blessés. C'est le bilan des échauffourées qui ont éclaté jeudi 24 novembre 2016 au camp d'Harmanli, en Bulgarie. Les violences ont continué tard dans la nuit. C'est une première pour le pays qui accueille en ce moment une dizaine de milliers de demandeurs d'asile.



 Que s'est-il passé et pourquoi ces violences ?
 
Jeudi, les migrants du camp ouvert d'Harmanli protestaient contre une décision du gouvernement d'interdire la libre sortie en raison d'inquiétudes liées à des épidémies. Quelque 2 000 résidents du centre se sont donc rassemblés dans la cour du camp vers midi. Ils ont mis le feu à des pneus et à des poubelles, arrangés en barricades improvisées. D'après les témoignages, l'intérieur du camp a subi beaucoup de dégâts matériels aussi. A l'arrivée de la police, les migrants se sont mis à jeter des pierres et ont été dispersés au canon à eau.
 
Le même scénario s'est encore répété dans la soirée, avec au final 14 policiers légèrement blessés, et plus de 200 demandeurs d'asile arrêtés. Les habitants des environs n'ont pas tardé à réagir ; ils se sont rassemblés à l'entrée du camp, brandissant des drapeaux bulgares. Le Premier ministre Boïko Borissov, lui, estime que 3 000 migrants, c'est trop pour une ville de 20 000 habitants. Il a également exprimé des doutes quant à l'utilité du mur de barbelés que les autorités bulgares finissent d'ériger le long de la frontière avec la Turquie.
 
• Est-ce la première fois qu'il y a de véritables violences entre les migrants et la police ?
 
Depuis la première vague migratoire il y a trois ans, il y a eu des tensions. A plusieurs reprises, des réfugiés ont protesté contre les conditions de vie dans les camps. Pour la plupart, les bâtiments qui accueillent les centres sont des casernes ou des écoles délabrées, qui ont été rénovées au fil du temps.
 
Mais les mécontents ont le plus souvent été les Bulgares qui habitent dans le voisinage immédiat des camps de réfugiés. Plusieurs demandes de fermer tel ou tel centre ont été faites, à Sofia comme ailleurs. Des groupes nationalistes s'étaient même mis à patrouiller sur les lieux de rassemblement des migrants. Aujourd'hui, il existe plusieurs groupes qui patrouillent près des principaux points de passage le long du mur de barbelés.
 
Est-ce que ces violences auront des retombées politiques ?
 
C'est une crise politique qui s'annonce en Bulgarie depuis la présidentielle du 6 novembre. Après l'échec du candidat des Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB, parti au pouvoir), le Premier ministre a démissionné. Le candidat des nationalistes était en troisième place, avec 15 % du vote. En ce moment même, trois partis sur sept représentés au Parlement sont des partis dits « patriotes ».
 
Le gouvernement a d'ailleurs dû compter sur eux pour avoir une coalition plus ou moins stable. Tout cela pour dire que des législatives anticipées seront certainement annoncées dans les semaines qui viennent, et qu'elles seront organisées en mai ou en avril 2017. A en croire les tendances aux dernières élections, une poussée encore plus forte des nationalistes est tout à fait possible, et même probable.

Rfi.fr

Vendredi 25 Novembre 2016 - 13:26



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