​Gambie: la Cour constitutionnelle se prononce sur les recours de Jammeh

Le timing est serré en Gambie, l’investiture du président élu est fixée ce jeudi 19 janvier. Mais le président sortant Yahya Jammeh ne montre toujours pas de signe de bonne volonté. Il conteste les résultats de la présidentielle et la victoire d'Adama Barrow, qui lui se trouve à Dakar en ce moment. Pendant ce temps à Banjul, on attend en principe une décision de la Cour suprême ce lundi.


La Cour suprême devrait se prononcer ce lundi sur les derniers recours déposés la semaine dernière par les avocats de Yahya Jammeh. Le président sortant demande l’annulation de la cérémonie d’investiture d’Adama Barrow, prévue ce jeudi à Banjul.
 
La demande déposée jeudi soir à la tonalité d’une injonction. Yahya Jammeh demande à la Cour suprême d’émettre « une interdiction » à toute personne investie de pouvoir judiciaire de permettre à Adama Barrow de prêter serment ce jeudi.
 
Rien n’est par ailleurs très certain sur l’issue de cette requête car la Cour suprême n’avait déjà pas pu se réunir la semaine dernière à cause de l’absence de la plupart des magistrats qui doivent siéger dans cette Cour. Pour rappel, la Cour suprême n’était pas en mesure de se prononcer sur les autres recours déposés par Yahya Jammeh jusqu’au mois de mai 2017.
 
Bras de fer
 
Il y a un bras de fer diplomatique avec ce week-end, les multiples pressions menées par la communauté africaine qui a affiché son soutien à Adama Barrow en marge du sommet Afrique France de Bamako.
 
Adama Barrow est aujourd’hui à Dakar jusqu’à son investiture. C’est un signal fort de la communauté ouest-africaine qui ne reconnaîtra plus Yahya Jammeh comme président passé le 19 janvier 2017.
 
Selon un diplomate ouest-africain, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) continue à privilégier le dialogue avec Yahya Jammeh. Selon cette source, la présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf, aurait demandé ce week-end aux chefs d’Etat ouest-africains d’activer toutes leurs ressources pour discuter encore une dernière fois avec le président sortant.