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​Jacob Zuma: dernier bras de fer juridique avec la médiatrice de la République

En Afrique du Sud, c’est un véritable bras de fer qui s’est engagé entre le président Jacob Zuma et la médiatrice de la République, Thuli Madonsela, celle qu’on appelle madame anticorruption. Celle-ci achève son mandat ce vendredi et devait publier les conclusions de sa dernière enquête sur les liens controversés entre le président Zuma et une riche famille d’hommes d’affaires accusée de peser sur les choix du gouvernement. Mais ce rapport n’a toujours pas été publié.



Depuis 24 heures, c’est une véritable bataille juridique qui s’est engagée. Le président Zuma ainsi qu’un ministre concerné ont saisi en urgence la justice pour empêcher la publication de ce rapport. Un rapport potentiellement explosif pour le chef de l’Etat. Les avocats de ce dernier disent qu’ils n’ont pas eu le temps de prendre connaissance du dossier, d’y répondre et que le rapport est donc incomplet. Dès lors, il ne doit pas être publié.
 
Ce vendredi matin, la médiatrice et plusieurs partis politiques ont également saisi la justice. Un compromis a été trouvé à la Haute Cour de Pretoria. Le rapport ne devrait donc pas être publié aujourd’hui. En revanche, il a été rédigé et signé par la médiatrice. Il ne peut donc pas être modifié avant sa publication à une date ultérieure. Il devrait être conservé dans un coffre jusqu’à ce que la justice se prononce sur les deux recours pas avant le 1er novembre.
 
Des preuves accablantes ?
 
Difficile pour l’instant de savoir ce qu’il y a exactement dans ce rapport. C’est toute la question qui agite la classe politique. Il s’agit des conclusions d’une enquête menée par la médiatrice sur les liens entre le président et la famille Gupta, une riche famille d’hommes d’affaires.
 
Ils sont accusés d’avoir imposé au président la nomination de ministres ou de dirigeants d’entreprises publiques. D’où la nature sensible du rapport puisque s’il y a des preuves que le chef de l’Etat s’est laissé influencer, cela peut constituer une infraction criminelle et il peut être poursuivi au pénal.
 
Alors évidemment, le simple fait que le chef de l’Etat et ce ministre aient saisi la justice en urgence semble confirmer qu’il y a en effet des preuves accablantes dans ce rapport. Ce matin, un média disait savoir ce qu’il y avait écrit et qu’il y a la preuve notamment que le ministre David van Rooyen – qui a saisi la justice – se trouvait chez les Gupta la veille de sa nomination au poste de ministre des Finances, il y a un an.
 
Un autre point important, c’est le timing de publication ce rapport. Ce vendredi, c’est le dernier jour de Thuli Madonsela au poste de médiatrice de la République. A partir de demain, c’est quelqu’un d’autre qui reprend les rênes et donc la médiatrice voulait s’assurer que ce rapport, même provisoire, soit publié pour qu’il ne soit pas enterré. S’il y a des conclusions accablantes dans ce rapport, en le rendant public, elle oblige en quelque sorte son successeur à poursuivre l’enquête. C’est d’autant plus important que celle qui va la remplacer à son poste a laissé entendre que les affaires de corruption à la tête de l'Etat ne seraient pas sa priorité.

Rfi.fr

Vendredi 14 Octobre 2016 - 13:28



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