​Le monde du foot amateur en un album : «On ne verra jamais ça en pro»



Après avoir sorti deux tomes intitulés "Les phrases qu'on peut entendre qu'au niveau district", Alex Morales présente "Les photos qu'on peut voir qu'au niveau District". Entretien avec un auteur qui ne s'attendait pas à un tel succès. Il est le héraut du football amateur. Si Alex Morales n’arpente plus les terrains depuis mai 2013, car il «partait un an aux États-Unis», il continue de suivre les résultats de sa bande de potes tous les dimanches. Mais il n'a pas abandonné la pratique comme le prouvent les parties de foot à cinq avec ses collègues, lui qui est basé dans le sud de la France. Un retrait provisoire des terrains qu’il met à profit pour continuer la belle histoire lancée sur sa page Facebook, qui compte plus de 200 000 fans, puis sur son site internet dédié.
 
La création
«À la base, ce n’était qu’une page Facebook que j’avais créée en mai 2012 avec toutes les conneries que j’entendais dans le vestiaire. Des phrases, des photos… La page a rapidement accumulé des fans, 5 000 puis 10 000, et ça a explosé en allant jusqu’à 80 000 ! Et beaucoup de médias m’ont appelé comme France Football, RMC, L’Equipe. Un éditeur m’a alors contacté afin de m’aider à regrouper toutes ces petites phrases dans un bouquin. Un livre qui est sorti à Noël 2012, pour le premier tome des phrases. D'ailleurs, je n’avais pas du tout l’objectif de vendre. La page Facebook, c’était simplement pour se marrer, en regroupant les phrases que j’entendais dans mon vestiaire, c’est tout !  Puis les gens sont venus balancer leurs propres phrases, et voilà, ça fait effet boule de neige ! Tout le monde s’y est retrouvé.»
 
Un succès qui se confirme année après année
«En 2013, on a sorti une BD avec un dessinateur qui nous créait des personnages phares de district, comme l’entraîneur, l’arbitre bénévole, avec les phrases en petite bulle. L’année dernière, le tome 2 des phrases a vu le jour. Cette année, c'est au tour du livre photos qui a beaucoup plus cartonné que les autres ! L’éditeur a tout géré, essentiellement, avec son entreprise, sa maison d’édition.  Moi j’ai signé un contrat d’auteur. Mais on a tous les deux travaillé dessus : je récoltais les photos et phrases qui allaient avec, lui s’occupait de la mise en page, de l’impression, de la distribution par courrier. Le prix de vente est de 10 euros. Le livre est né sur Internet, donc on le vend sur internet, mais on a beaucoup de demandes des librairies.»
 
«On a déjà des idées pour l’année prochaine. On refera des photos car il y en encore un paquet. Tant que ça fonctionne, on continue. La page est née comme ça, alors le jour où ça s’arrêtera, ça s’arrêtera».
 
Pourquoi ça marche ?
«Des phrases ou des photos, il y en a tous les week-ends ! Les gens s’y retrouvent et ça leur fait du bien dans une période où ils sont blasés du foot pro, avec les affaires de la FIFA, de Benzema, le PSG qui rafle tout… Y’a moins de plaisir, alors les gens se retrouvent dans les choses simples ! C’est pour ça que ça fonctionne ». «Il y a beaucoup plus de commandes pour l'album photos que pour les tomes. En décembre, on a quasiment vendu autant de livres que les deux tomes précédents. Pour Noël, les photos, ça plaît ! Ce n’est pas un livre à lire, seulement des photos à regarder et c’est ça qui est sympa !»
Les meilleures photos du livre ?
 
«La photo de couverture est juste dingue ! Un mec m’a envoyé ça en message privé sur Facebook. Et pourtant, je ne les lis pas tous. Je suis tombé dessus par hasard. Ce sont deux Belges, posés sur le terrain, à la fin du match, sur le pack, avec la clope, la bière à la main, et un terrain tout pourri derrière ! Cette photo représente tout le district : des mecs qui ne se prennent pas la tête. J’ai alors contacté les mecs qui me l’avait envoyée. Ils ont accepté d’être en couverture du livre et ils deviennent des stars dans leur village !»
 
«J'aime beaucoup également le mec avec son parapluie dans les buts, qui reste couvert tant qu’il ne se passe rien. Et une autre, où on voit un gardien qui boit un demi (de bière), apporté par un spectateur, pendant qu’il n’y a pas d’action. On ne verra jamais ça en pro ! On se met à la place des gens et on rigole. On se dit : Comment ça peut arriver des situations comme ça ? C’est tellement naturel quand on le vit…»
 
Rigoler pour la bonne cause !
«On avait reversé la totalité des fonds récoltés après le premier livre : en tout, cela représentait plus de 2 500 € pour la lutte contre le cancer. Aujourd’hui, c’est pareil, on va reverser plus de 1 000 € à un centre d’aide à Rennes : la moitié pour la recherche, la moitié pour l’accompagnement des malades. En résumé, c’est le foot amateur qui participe à ça. On n’a pas l’argent des clubs pros mais on est solidaires. C’est ça qu’il faut retenir ! Ce n’est pas énorme mais tout le monde participe».

​Le monde du foot amateur en un album : «On ne verra jamais ça en pro»

​Le monde du foot amateur en un album : «On ne verra jamais ça en pro»

​Le monde du foot amateur en un album : «On ne verra jamais ça en pro»


francefootball.fr

Mercredi 23 Décembre 2015 - 11:56



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter