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​Les Maliens basés à Dakar, partagés entre « honte et colère », veulent que le pouvoir revienne aux civils (Reportage)



Les discussions vont bon train ce mardi 25 mai 2021 (lendemain de coup d’Etat opéré au Mali par le général Assimi Goita), à la « Salle de vente », un marché niché en plein cœur de capitale sénégalaise, Dakar et qui concentre beaucoup de ressortissants maliens qui s’exercent dans les activités commerciales. Alors que des passants vaquent à leurs occupations ça-et-là à Sandaga, des commerçants maliens, regroupés devant leurs magasins, débattent sur la crise politique survenue à Bamako lundi. Et parfois dans une atmosphère tendue.

El hadji Moro Carama, septuagénaire dirige l’Association des Maliens basés à Dakar. Il n’a pas hésité à s’exprimer sur la situation de son pays qui lui tient à cœur. Dans son bureau et vêtu de son basin, Camara dit avoir honte aujourd’hui au regard de ce qui passe au Mali, avant d’appeler à une prise de conscience.

J'ai honte

« Nous devons réfléchir et regarder les autres comme le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Ce qui se passe au Mali n’existe nulle part. Nous devons avoir honte. Nous, qui sommes en dehors du pays, nous avons eu honte aujourd’hui. En tous cas, moi, c’est le sentiment qui m’amine », explique Moro Camara, visiblement abattu.

Le septuagénaire appelle à une « prise de conscience » rappelant le caractère éphémère du pouvoir. Pour lui, tout le monde peut commettre des erreurs dans la gestion du pays, mais « seule une discussion autour d’une table peut permettre de trouver une solution ». « Depuis le temps de Modibo, c’est la même chose. On enlève celui-là et on met un autre. Finalement, on ira où », s’interroge le vieux.

A la « salle de vente », tout le monde n’a pas envie de parler de la crise politique au Mali. Tellement énervés, certains commerçants maliens s’abstiennent de tout commentaire, même s’ils discutent entre eux.
« Cela n’honore pas le Mali. Dès que j’entends une information sur le Mali, mon cœur bat. L’image du pays est ternie, et nous, qui sommes à l’étranger, avons honte », soutient un des trois commerçants trouvés dans une boutique où on vend des tissus (basins, wax…).

Si certains ne veulent pas parler de la crise au Mali, par contre, d’autres s’empressent de dénoncer le coup d’Etat revendiqué ce mardi par le Colonel Assimi Goita. Vêtu de sa chemise, Sambou Touré adopte une position sans ambiguïté.

« Ce qu’on a fait Bah Ndaw hier (lundi) ne devrait pas arriver au Mali. Nous voulons que le Mali avance. Deux coups d’Etat en 1 an, c’est grave. Je pense qu’on doit beaucoup s’inspirer des pays voisins. Eux, ils se développent, alors que le Mali recule. Cela n’a pas d’importance », déclare la trentaine.

Dans une ambiance marquée par des pourparlers et des klaxons de voiture, le commerçant, à l’en croire, « n’a pas fermé l’œil de la nuit » à cause des événements qui l’ont rendu triste.

La gente féminine n’est pas en reste. Vendeuse de produits tels que le karité et d’autres pommades, Mme Diop veut à la tête du Mali des gens qui ont l’amour du pays, afin d’épargner le pays de tous ces maux.

Que les militaires quittent le pouvoir
« Chaque jour coup d’Etat, ce n’est pas bon. Les militaires doivent quitter le pouvoir et laisser les civils diriger ». C’est ce que pense Lassina Coulibaly. Assise dans un immeuble où bon nombres de commerçants se trouvent tous les jours, Coulibaly regrette que le Mali n’ait pas retrouvé son intégrité territoriale.

Salif SAKHANOKHO

Mardi 25 Mai 2021 - 16:18


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