​Mali: le chef de la police islamique de Gao devant ses juges

Le procès d’Aliou Mahamar Touré démarre ce vendredi à Bamako. Chef de la police islamique pendant l’occupation de Gao par les islamistes, il est notamment accusé d’avoir, lui-même, coupé les mains de voleurs présumés.



C’est un procès très attendu qui s’ouvre ce vendredi à Bamako, celui d’Aliou Mahamar Touré. A Gao, à l’époque où les jihadistes contrôlaient totalement la ville, on le reconnaissait par sa grande taille, près de deux mètres. A l’époque, Aliou Mahamar Touré, dont le procès s’ouvre ce vendredi 18 août à Bamako, était un homme craint à Gao, où il circulait au volant de son un pick-up, imposant un régime de terreur sur les habitants.
 
Les jihadistes étrangers s’appuyaient sur ce natif de Gao, ancien vendeur de peaux de bêtes avant de se rallier au Mujao, pour imposer localement leur loi. Aliou Mahamar Touré se plaisait plutôt dans son rôle, avec le titre ronflant de « chef de la police islamique de Gao ».
 
Coupeur de mains, fouetteur de femmes
 
« C’est la charia, la loi islamique, que nous allons appliquer », avait-il fièrement affirmé à RFI, lors d’un reportage dans la ville de Gao, en 2012, au moment où il y faisait la pluie et le beau temps.
 
« Quand il est devenu commissaire de la police islamique, il interdisait beaucoup de choses. Pas de distractions, pas de cigarettes, pas d’alcool, pas de musique. Il empêchait les habitants de faire ce qu’ils entendaient faire. Donc c’est clair que c’est un terroriste », témoignait au micro de RFI Ousmane Amadou Maïga, un habitant de Gao interrogé par RFI en mars dernier. 
  
Par la suite, Aliou Mahamar Touré a notamment fouetté des femmes parce qu’elles ne portaient pas le voile islamique. Surtout, il a coupé lui-même des mains de présumés voleurs. C’est l’un des faits qui lui vaut d’être à la barre du tribunal, à partir de ce vendredi à Bamako.
 
Au moins huit de ses victimes seront présentes au procès. « On m’a accusé de vol. Je n’avais pas volé. Et en me coupant la main droite, Aliou [Mahamar Touré] m’a privé à vie de mon métier : chauffeur. Je réclame justice », lance un chauffeur, amputé de sa main droite.
 
 

rfi.fr

Vendredi 18 Août 2017 - 13:56



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter