​Mali : pillage du trésor public – Confessions d’un cadre de la présidence

Il n’y a, sans doute, pas meilleur moyen de comprendre l’ingénierie du détournement des deniers publics au Mali que de passer ses protagonistes à la confession.



​Mali : pillage du trésor public – Confessions d’un cadre de la présidence
Mis en confiance, dans un café, au bar d’un hôtel de luxe ou autour d’un repas arrosé, ces délinquants en cols blancs racontent par le menu leurs exploits.
 
En recoupant les confidences des cadres de l’administration Malienne, Maliactu.net s’aperçoit que les grandes manifestations nationales ou internationales sont pour eux des occasions en or massif pour s’adonner à leurs pratiques favorites.

« Une bonne partie de l’élite politique Bamakoise en charge de l’organisation monte un vrai business autour de des sommets. Elle jette le plus souvent son dévolu sur le parc automobile affecté aux illustres invités. Délibérément, Des véhicules achetés, livrés et  mis en circulation sans cartes grises. A la fin, tous ces véhicules disparaissent dans la nature sans aucune possibilité de les retrouver, faute de traçabilité ».
 
En l’absence de grandes manifestations nationales ou internationales depuis un certain temps, les pilleurs des deniers publics ont décelé au Mali,  un excellent business dans les missions à l’étranger.

Un cadre de la présidence malienne :

«Avant chaque départ en mission, on reçoit du trésor public des indemnités destinées à couvrir nos frais d’hôtels et notre subsistance. Mais à la fin de la mission, on s’arrange pour que le directeur de cabinet du président ordonne que l’on mette toutes les dépenses sur le compte de la présidence. N’imaginez pas que nous retournerons cet argent non utilisé au trésor public, une fois à Bamako ».
 
 
Qu’elles soient de convenance ou justifiées, les missions à l’étranger sont devenues au Mali un bon créneau pour se mettre l’argent public dans les poches. Un ancien ministre Malien des Finances :
 
« La seule chose qui a m’a frappé lorsque j’ai pris mes fonctions, c’était la fréquence des missions inutiles à l’étranger. Avec le plus souvent les mêmes personnes. Ma volonté d’y mettre fin a suscité une telle levée de boucliers que j’ai reçu l’ordre d’y renoncer. J’avais finalement compris que les missions à l’étranger étaient devenues une sorte de mafia permettant de soustraire de l’argent public sans justification ».
 
Personne n’aurait, peut-être, trouvé à redire si ces pratiques-là n’étaient pas devenues, tout comme les magouilles dans la passation des marchés publics, de réels freins au développement du continent. 

Aminata Diouf

Vendredi 5 Août 2016 - 13:58



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