​Maroc : arrestation de trois djihadistes présumés de Daech

Les trois hommes sont soupçonnés d’avoir voulu préparer des attentats à l’explosif.



Le ministère marocain de l’Intérieur annonce ce jeudi l’arrestation de trois hommes affiliés à Daech. Âgés de 24 à 30 ans, ils sont soupçonnés d'« incitation au meurtre » au nom du groupe djihadiste et voulaient « acquérir des expertises dans la fabrication d’engins explosifs », indique le communiqué des autorités.
 
Les trois suspects « s’activaient » dans les villes de Salé (à l’ouest du pays), Marrakech (sud) et Laâyoune (sud), capitale du Sahara occidental et ancienne colonie espagnole disputée, en grande partie sous le contrôle du Maroc. Un des trois hommes avait « rallié » par le passé les camps du Front Polisario dans la région de Tindouf, dans l’ouest de l’Algérie. Il planifiait de « perpétrer des actes terroristes à l’intérieur du royaume », selon la même source.
 
Lors de l’opération menée par le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ, unité antiterroriste), les enquêteurs ont trouvé une « carte d’identité » délivrée par ce que les autorités marocaines appellent « la république fantoche », à savoir la République arabe sahraouie et démocratique (RASD proclamée par le Polisario).
 
Un uniforme militaire du Polisario et un drapeau symbolisant cette « entité fantoche » ont également été saisis, tout comme des équipements électroniques, selon le communiqué de l’Intérieur. En 2017, le BCIJ a démantelé neuf « structures terroristes » et « neutralisé 186 terroristes présumés », selon un bilan récent diffusé par l’agence officielle MAP.
 
Épargné par les attentats commis par Daech, le royaume marocain, qui revendique une politique très active en matière de lutte antiterroriste, avait été meurtri par des attaques à Casablanca (33 morts en 2003) et Marrakech (17 morts en 2011).
 
Des connexions entre les djihadistes et le Polisario

Le mouvement du Front Polisario, soutenu par l’Algérie, réclame un référendum sur l’indépendance du Sahara occidental alors que Rabat propose un plan d’autonomie sous sa souveraineté pour les deux tiers du territoire qu’il considère comme partie intégrante de son espace national. Les autorités marocaines mettent régulièrement en avant la nécessité d’éviter toute forme de balkanisation dans la région et pointent aussi les « connexions » supposées du Polisario avec les mouvements djihadistes actifs dans le Sahel.
 

Le Parisien

Jeudi 15 Février 2018 - 13:29



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter